“Tug of War” : la corde sensible de Mc Cartney

28/11/11 par  |  publié dans : Albums, Musique | Tags :

8 Décembre 1980  : John Lennon est assassiné. Paul Mc Cartney se réfugie dans le travail et dans les bras de Georges Martin. Mc Cartney redevient avec « Tug of War », en élève méticuleux et appliqué. C’est déjà ça…

A partir de « Band on the Run » les Wings cartonnent. Le live « Wings over America » est un instantané de cette « wingsmania ». Un groupe huilé et pêchu, une section de cuivres, un peu de Wings par ci, un peu de Beatles par là, et Mc Cartney excelle en Mr Loyal ! L’inspiration vacille et les 1970’s se terminent avec un « Back to the Egg » vaguement punk, en vain. Début 1980 le déroutant « Mc Cartney II » petit frère indigne de « Mc Cartney », où Macca découvre l’électronique, comme un gamin ouvre un cadeau au pied du sapin. Publié le 26 Avril 1982, « Tug of War » cristallise la grande dualité de ce que sera désormais la carrière de l’ex Wings : voyage en eaux troubles entre facilité agaçante et excellence planante.

« Tug of War », le tir à la corde commence … Mc Cartney chante excellemment bien sur le premier titre comme sur l’ensemble de l’album. On y croit pendant une minute avant les chœurs et « l’envolée » rock. Paul s’applique, mais en fait trop. Pétard mouillé. « Take it away » : Paul à la basse, Ringo à la batterie et Georges Martin aux consoles ! L’ambition est de revenir aux balbutiements d’un groupe de rock. La magie ne prend décidément pas, l’errance s’installe donc. Puis ouf, Mc Cartney nous prend enfin par la main avec « Somebody who cares ». Une guitare espagnole, une flûte, une intro planante, et nous voila rassurés. De l’ombre à la douce lumière d’un George Martin enfin retrouvé, notamment sur les chœurs. On remercie Paul pour la ballade, pour le bol d’air.
Autre bonne idée : celle des duos. « What’s That You’re Doing » voit un Mc Cartney s’éclater avec Stevie Wonder sur les terres de ce dernier. La collaboration avec le légendaire Carl Perkins, la country « Get it » est tout aussi convaincante. Mais puisque le vide n’est jamais très loin, plongée vertigineuse avec l’embarrassante « Ebony And Ivory » l’autre duo avec Stevie Wonder qui conclue le disque. Nanard retentissant et pourtant l’un des derniers grands tubes de Mc Cartney. La vie est injuste, let it be. Ne fuyez pas, une trilogie de chansons a pris soin de sauver l’album de la noyade.

Dans « Here Today », la collaboration Mc Cartney  – George Martin redevient enfin symbiose. Mc Cartney revient sur sa relation avec John Lennon sans sombrer dans le pathos. Séquence en noir et blanc, Mc Cartney et sa guitare sous l’œil bienveillant de Georges Martin. Dans la nostalgie toujours, « Ballroom dancing ». Mc Cartney renoue avec un style qui lui va si bien : les bals populaires et festifs de la vieille Angleterre. Cette trilogie de haut vol se conclue avec « The Pound is sinking », impeccable, chanson pop parfaite estampillée Mc Cartney. Du pétard mouillé au bon vieux jukebox, Mc Cartney ne choisit pas son camp, mais la qualité des pépites de la galette justifie l’écoute attentive de ce « Tug of War ».

Dans le prochain épisode : « Flaming Pie » en 1997.

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1 commentaire

    Mc cartney atitud  | 28/11/11 à 20 h 59 min

  • Super pechu ce petit article,merci a l auteur!

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