Vincent Delerm : Les amants parallèles

02/12/13 par  |  publié dans : Musique | Tags :

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Le nouvel album de Vincent Delerm, Les Amants Parallèles, son cinquième, est disponible depuis le 25 novembre.

Les Amants Parallèles c’est comme une conversation qui se suit, se croise, se reprend, comme une histoire qui se délie entre lui et elle, jamais ensemble, toujours parallèles. Jamais ensemble sauf sur un titre, celui de l’album, Les Amants Parallèles. Parallèles donc. Comme dans un film. Comme dans la vie. Dans l’entre-deux des amours fusionnelles et des amours cyniques. En accompagnement, deux pianos, uniquement, dont un « préparé » (comprendre sacrément trituré) par Clément Ducol et Maxime Le Guil d’où sont aussi sortis du souffle, des craquements de pédales ou de feuilles qu’on froisse. Les basses, les cordes, les percussions, tous les sons de l’album sont issus de cet unique instrument cher à Delerm. Les textes sont tantôt parlés, tantôt chantés, toujours avec cette mélancolie très Delermesque.

Des petits jeux pour plaire à l’autre

L’album se raconte comme une histoire, en 13 chapitres. Au début, L’Avion se pose dans la neige. A bord, un homme sait qu’il n’oubliera jamais sa voisine de vol. Bruits de percussions boisées, notes de piano ouatées. La suite c’est « les choses de la vie d’avant » qui « disparaissent dans le vent ». Parce qu’une rencontre chasse l’autre dans les Bruits Des Nuits D’Eté.

Puis voici le sublime Les Robes, un monologue de Rosemary Standley, la voix du groupe Moriarty. Une première phrase qui aurait pu être celle d’un roman : « Les mois qui suivirent, il alla vivre chez elle dans un studio au-dessus du boulevard ». Et l’histoire qui se raconte : l’installation de lui chez elle dans un « appartement pour ne pas réfléchir, passer à autre chose après une longue histoire ». La voix de Rosemary Standley est magnifique, le piano envoutant, le morceau somptueux.

Et l’histoire de se poursuivre entre ces deux-là qui se découvrent de plus en plus, les petits jeux auxquels on joue pour plaire à l’autre dans Super Bowl. Les Amours Parallèles, le titre central et le nom de l’album, est le pilier, les deux protagonistes s’y retrouvent, pour mêler leur voix : « parallèles, à côté / Dans les rues, nos corps parallèles / Pas les mêmes, pas mélangés / Pas loin et à côté quand même ».

Pas de point final

Et le temps passe, on envisage des moments de vie dans Grand Plongeoir, on se crée des souvenirs, déjà, dans Et La Fois Où Tu As. Le temps passe vite pour Ces Deux Là que raconte à nouveau Rosemary Standley, le ventre arrondi, l’enfant à venir et qui est déjà là. La vie qui n’est plus la même, avant le « principe des double otites », c’est la fin « de cette partie là de l’histoire ».

Puis c’est l’Haçienda, oui le célèbre club de Manchester, symbole d’une jeunesse passée, avant la vie rangée, avant l’autre, avant l’enfant aussi. Le titre témoigne de la virtuosité musicale des musiciens, difficile de croire que Delerm ne se contente que de pianos, et pourtant !

Et c’est la vie à deux qui se déroule, les souvenirs qu’on se raconte dans Ils Avaient Fait Les Valises Dans La Nuit, la flamme qu’on ne laisse pas s’atteindre dans Embrasse-moi, « même si ça fait loin, les premiers matins / si ça fait un bail, les premières pagailles ».

Et c’est déjà la fin du Film II, qui se termine, logiquement, sur un morceau générique, uniquement instrumentale sur lequel on imagine aisément voir défiler les noms. Saluons donc Vincent Delerm pour un album original, une vraie tentative d’autre chose, chapeau bas à ses musiciens, Clément Ducol et Maxime Le Guil, et finalement, on choisi de terminer par Rosemary Standley, pour la grâce de deux morceaux qui sortent du lot. On clôt les 13 chapitres, qui sont passés vite, et pour cause, presque tous les titres font moins de 3 minutes. On se demande si on retrouvera le couple, on a envie de croire qu’on aura la suite de cette histoire, Delerm pourtant a « plutôt l’impression que non » avant de nuancer : « mais qui sait ? ».

Pas de point final donc à l’histoire. Tant mieux.

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