Winter Camp Festival : bouquet final

25/12/14 par  |  publié dans : Concerts, Musique | Tags : , , , ,

winter camp festival

Le Winter Camp donnait mi-décembre la 3e édition de son événement itinérant. Cette année, le festival dénicheur de nouvelles musiques indépendantes a pris de l’ampleur en ajoutant trois étapes au parcours initial : Nantes, Nîmes et Le Havre.  Le samedi 13 décembre dernier, en vrai bouquet final de cette transhumance électro pop rock, le trio Nîmes – Paris – Le Havre a tenu ses promesses en réservant de belles sensations au public lors de son escale normande. Essai transformé dans la salle aux conteneurs du Tetris, sur les hauteurs de la ville de béton.

 

N U I T : et la lumière fut

On avait pressenti un concert de qualité. N U I T (voir notre chronique du 9 décembre) nous avait gentiment convié la veille du concert au filage de son live, après des mois de répétitions intensives et une semaine non stop de résidence. Soutenue en masse par le public local, la formation électro a su faire déplacer les professionnels et médias pour la présentation de son set. Après avoir fait soulever les frémissements du web avec ses clips et la sortie de son EP, N U I T était quelque peu attendu au tournant côté live… Et débute la soirée.

Verdit : en une demi-heure, le groupe renverse la programmation. A la fin du set, la chanteuse du duo new-yorkais She Keeps Bees avoue dans un compliment ne pas savoir si elle va pouvoir enchaîner juste après (“and that was their very first show !” dit-elle à son guitariste). La salle est pleine, les brefs silences des enchaînements sont recouverts par les acclamations des festivaliers. N U I T régale ses premiers supporteurs comme les curieux venus pour la découverte. Les quatre morceaux de l’EP visuel font bien sûr partie du déroulé, agrémenté de deux inédits joués en milieu de setlist, Looking For Gold et Hold Your Horses, encore introuvables sur le web ou en physique. Fidèle à son désir géniteur, le groupe déballe un show son et lumière millimétré, les musiciens en retrait dans l’ombre des quatre lettres de leur patronyme.

N U I T mickael liblin

Les ambiances des morceaux sont oppressantes, le travail lumière amplifiant ce sentiment d’insécurité. Les mauvais garçons de N U I T semblent tout droits sortis des ruelles les plus sombres d’une ville malfamée : une chose est sûre, mieux vaut les avoir de votre côté. Ça se bagarre et ça flirte avec les bandits, sur fond de détresse amoureuse – parce que oui, même les chats de gouttière connaissent le dépit. Le bleu glacial de la scénographie rappelle la froideur d’une nuit éclairée à la lueur de pleine lune, jetant les spectateurs dans le même bateau que les protagonistes. Le son est calibré d’une lourdeur jouissive et ballotte le public au gré des coups de poings du héros imaginaire. Les compositions électro (claviers, machines) sont savamment réalisées et même si on peut concéder des accents de Movement ou Black Atlass, le chant grave, la batterie et la guitare emmènent le groupe dans un univers aux reflets rock qui lui est propre, sans comparaison possible. On se croirait dans un remake sonore de Sin City tandis que sur le dernier titre et pour la première fois du concert, les LEDs virent au rouge. La bataille se termine dans un bain de sang sur No Pain No Game et laisse là le public K.O. sur le bitume mais complètement conquis, sur fond d’hourras hurlants.

N U I T rouge mickael liblin

 

Brooklyn garage

Vient ensuite She Keeps Bees, duo rock garage venu de Brooklyn pour chahuter la France sur plusieurs dates du Winter Camp (épaulé par un second guitariste sur cette tournée). La voix grave et mate de Jessica Larrabee ferait croire à une Cat Power en (très grosse) pelote. On aime les petites formations qui vont droit à l’essentiel, nous rappelant le bon souvenir des live de The Black Keys et Hanni El Khatib en duo guitare – batterie, avant leur succès médiatique international. La douceur de la jeune femme laisse place à une chanteuse incisive dès le sol de la scène foulé. Elle n’hésite d’ailleurs pas à remettre le public en place si son comportement n’est pas au goût du groupe ! Cette spontanéité séduit autant que leur rock brut de décoffrage. Ici au Havre, bastion du rock hexagonal, les américains jouent en terrain conquis…

Après ce 13 décembre, il n’y a plus qu’à demander à l’organisation de Winter Camp de repositionner Le Havre comme check point pour 2015. On sera au rendez-vous.

 

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www.wintercampfestival.fr

www.nuit-officiel.com

www.shekeepsbees.com

 

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