“Y la vida va”

05/05/17 par  |  publié dans : Danse, Musique, Scènes, Théatre | Tags : , , , , , ,

L’Argentine était au Toursky ces 27 28 et 29 avril 2017

Amère América

José Maria Sanchez est danseur, comédien, chanteur, transformiste, et argentin.

Comme il le dit « Je n’ai pas fui la dictature, j’ai pris des vacances, elles durent depuis quarante ans ». Il évoque les fantômes de son passé à travers les chansons et la danse, on sait que Buenos Aires n’est pas la ville du tango, elle est tango. Le dimanche, dans les rues, toute la ville danse. Elle est également celle de la folie du football, celle du péronisme, et celle de la dictatures des colonels dont les blessures ne se sont jamais refermées. Comme au Chili et dans toute l’Amérique Latine, crucifiée sur l’autel du bien libéral contre le mal absolu du socialisme, qu’il prenne une forme ou une autre, nos amis nord américains ont apporté la pax américana : celle des tortures, des assassinats de masse et des disparitions. C’était l’opération Condor. Les rangs des Madres, les « mères de la Place de Mai » se clairsèment, elles sont devenues « las abuelas de la plaça de Mayo » elles tournent inlassablement tous les jeudis devant le palais présidentiel, pour demander justice pour leurs enfants assassinés sans sépulture, à jamais disparus.

 

 

Tango

Il y a la musique de Piazzola, sur des textes de Férré, pas le notre, un auteur argentin, il y a la danse de Géraldine et Julio, le tango est une chanson triste qui se danse. Aurélie Lombard à l’accordéon en duo avec Janot Sallier-Dolette au piano les accompagnent, il ajoute ses propres compositions et les chante. Le spectacle s’ouvre sur « Volver » de Jorge-Luis Borges, cette autre grande figure de la littérature sud américaine. José signe là un spectacle vibrant d’émotion, on le découvre chanteur, argentin jusqu’au bout des ongles. Sans dolorisme, il instille une nostalgie discrète, des fantômes de chiffon gisent au sol, les corps sont entravés et les visages bâillonnés, ils arrachent leurs liens et la mémoire et la parole se libèrent. On y rencontre la reine du Chamamé, la grand mère qui l’a élevé. « Je ne sais pas si je suis un témoin ou un acteur, mais je m’exprime » dit-il, « Je suis là, j’existe, je viens d’un pays beau et torturé à la fois, je n’ai pas aimé les rafles la peur la misère, la mort de ceux que j’aime, j’ai adoré ma grand mère dansant le Chamame, mon cousin jouant du bandonéon, piazzola, le tango, c’est ma vie ».

 

José nous offre sa nostalgie et l’amour de l’Argentine en partage.
Merci.

Jean Barak

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