TV is the drug

07/03/13 par  |  publié dans : Internet, Médias, Non classé, TV | Tags : ,

shoot

23 h 30

Je dois bouger ma viande de ce coin paumé, Dixie me lâche pas la gaule et le programme va commencer. Je lui fais signe que j’en ai eu pour mon fric et je me taille de sa piaule crasseuse, le bon dieu de la providence fait pas les choses à moitié. Le capharnaüm où prennent poussière mes vioques est à deux pas de chez mon emmerdeuse.

23 h 40

Rhabillé, je file à toute blinde dans la ruelle sombre, passé 22h les loupiotes sont éteintes sur ordre de la Milice du voisinage, patelin de merde. Depuis ces conneries d’histoire de couvre feu pour éviter les violences nocturnes, la ville est morte. Mais bon, on s’en moque tous, l’État a mis en place avec les chaînes locales le truc le plus fun qu’on ait jamais connu et pour rien au monde je ne raterais ça, même les miches de Dixie, à côté, c’est une réclame pour des tampons.

23 h 50

Ça y est, ma carcasse est avalée par le chesterfield défoncé. Dans dix minutes, je dis bye bye à ce soupçon d’existence miteuse. Je saisis d’une main experte la télécommande du poste familial qui se trouve toujours à la même place. D’ailleurs tout est toujours à l’endroit habituel à la même heure. Je me lève tous les jours à 8h, je bois mon café et je file turbiner à la décharge. 12h : je graille car c’est la pause. Ensuite, reprise de la besogne dégueulasse pour finir ma journée à 17h. Après, la douche et glandouille avec la fine équipe  au squat en évitant les dingos de la gâchette qui traînent la patte dans les coupe-gorges, un circuit dessiné d’avance qui me mène directos  dans le plumard de Dixie.

Éternelle ronde sans couleur, ni  joie, ni peine, rien, de la merde à perte de vue. Ma seule satisfaction, c’est cette chaîne de télé. Une émission qui sauve ma vie. En somme, il n’y aurait pas ce truc à visionner, je me tirerais aussi sec une bastos dans la tronche avec le fusil du daron.

00 h 00

Billy Dane, car c’est ainsi que s’appelle ce morveux, est affalé dans le fauteuil du salon. Défilent devant ses yeux obnubilés de dément, des images. Une vision qui offre des scènes de publicités, de violence, de cartoon, rien de très clair : un bordel animé.  Tout cela agit sur son cerveau comme une drogue dure et l’addiction est tellement puissante, autant que les hallucinations que tout cela provoque. Billy, regarde-toi , tu ne captes pas ces divers dérèglements provoquant des effets et des conséquences similaires au crack, au LSD,  plus violents, rapides, et brefs. Une longue montée immédiate qui se caractérise par une forte stimulation mentale et une impression de rêverie et de cauchemar qui se succède et  qui s’achève à la descente et ne peut continuer qu’avec une nouvelle diffusion.

Billy, réveille-toi, bon sang, tourne le bouton OFF et rejoins la réalité. Lutte contre ce réseau créé par le système qui gouverne tout, les médias, les Milices, les industries. Les pontes aux gouvernements qui jubilent de vous voir vous entre-tuer. Billy !

00 h 10

Waouh ! quel pied !  Ah ça, même jouer au Docteur avec Dixie, ça vaut pas les 10 minutes de septième ciel.

Vivement demain soir pour le prochain numéro.

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