Carnet austral : les convicts

02/02/09 par  |  publié dans : Non classé | Tags : ,

Cours d’histoire : 1770, le capitaine anglais, James Cook découvre l’Australie avec une poignée de scientifiques. 8 ans plus tard, Arthur Phillip, quelques soldats, leurs épouses et 751 convicts (ou condamnés à une peine de prison) s’établissent dans une baie abritée des vents et la nomment Sydney. La capitale économique “Aussie” devient alors la première colonie pénitentiaire britannique d’Australie.

L’un des bateaux qui amenaient les prisonniers en Australie.

Une nouvelle vie semble s’annoncer pour les prisonniers. Ils vont pour certains pouvoir profiter d’une nouvelle chance, choisir un terrain ou s’établir et travailler, sous liberté conditionnelle. Certains accèdent à des fonctions officielles à partir de 1810. Entre autre Francis Greenway, prisonnier-architecte qui a dessiné la plupart des édifices publiques de Sydney.
Mais les conditions de vie pour la plupart des prisonniers sont très difficiles, ils sont traités avec cruauté par les officiers, flagellés, condamnés à la pendaison pour vol. Les femmes peu nombreuses, une pour cinq hommes, sont victimes d’agressions sexuelles et enfermées dans des “usines pour femmes”.

Parmi les pires centres de détention, la prison d’Hobart en Tasmanie dont il est impossible de s’échapper, étant sur une île. Elle était dédiée aux détenus qui avaient recidivé au cours de leur peine, où ils étaient traités très rudement, travaillant dans le froid et soumis à des châtiments corporels particulièrement sévères.

La prison d’Hobart, considérée à la fin du 19ème siècle comme “l’enfer sur terre”.

Le dernier prisonnier est envoyé en 1868 mais la plupart des déportations finissent en 1840 avec la fin des transports vers la nouvelle Galle du sud. Ainsi en l’espace de 80 ans, ce sont 165 000 condamnés qui ont été transportés en Australie.

Les prisonniers ne sont pas les seuls à s’être établis, certains colons libres voyant dans ce continent la possibilité d’un avenir meilleur que ce que propose leur pays, ont créé des colonies privées comme les fondateurs d’Adélaïde. Mais beaucoup de colons libres refusent d’avoir des rapports avec les convicts, les méprisent et les traitent durement à leur façon. Une réelle séparation se fait entre détenus, ex-détenus et colons libres qui mettra plusieurs décennies pour s’estomper.

Fête nationale

Étonnamment donc, c’est la date d’arrivée des premiers convicts en Australie qui a été choisis pour fête nationale. Avec le temps, les Australiens ont peu à peu accepté leur histoire, certains sont même fiers d’annoncer qu’ils ont des ascendants convicts.
Et le 26 janvier, les Australiens célèbrent donc “l’australian day”. Le gouvernement annonce qui est l’Australien de l’année, choisi pour sa bonne participation à l’intérêt de la nation. Certaines villes organisent des feux d’artifice, des concerts ou rencontres sportives. A Brisbane, il est possible d’assister, entre autre, à des courses de cafards, très célèbres depuis quelques années.
Mais pour beaucoup, cela se résume à boire un verre entre amis et jeter quelques steaks et crevettes sur le barbecue. Et ce n’est pas aussi étonnant que cela, le barbecue est une véritable institution australienne. Lors du “Grand final” (de rugby) fin septembre, un mini concert ouvre le match et j’ai vu, de mes yeux vu, de jolies minettes australiennes faire de la musique avec des barbecues. Le couvercle qui fait “boom, boom” et la pince à ramasser les saucisses qui fait “cling, cling”.
Anyway, comme on dit ici, ce 26 janvier en plus des bières et des saucisses, on pouvait apercevoir derrière le barbeuc des tabliers aux couleurs du drapeau aussie, sur les casquettes et les tee-shirts de même et des petits drapeaux aux fenêtres des voitures, dans les jardins. Bref du bleu, rouge et blanc partout où les yeux se posent.

L’Australie est un continent qui a une histoire presque neuve, aussi l’identité nationale s’est en partie construite sur la mémoire des “mates” (amis) qui sont morts sous le drapeau lors de la seconde guerre mondiale et de celles qui ont suivi. Le drapeau est alors devenu un signe de rassemblement des populations. Et cette année avec la crise économique en toile de fond, les drapeaux se sont élevés plus nombreux.
Malgré toute cette belle histoire de rassemblement demeure tout de même une polémique. “L’australian day” célèbre l’arrivée des premiers prisonniers venus coloniser le pays mais il représente pour les populations aborigènes l'”Invasion day”. Certaines voix s’élèvent pour demander que ce jour change dans un souci de réelle égalité entre toutes les populations de l’Australie.

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1 commentaire

    sophie  | 20/11/10 à 0 h 30 min

  • bravo!

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