Au-delà de Koen Augustijnen déçoit

22/03/12 par  |  publié dans : Danse, Scènes | Tags :

Les Ballets C. de la B., collectif de chorégraphes belges, fondé par Alain Platel, sont plutôt réputés pour être une valeur sûre. Gardenia nous avait troublé par son parfum, qui nous est allé droit au corps (le spectacle est encore en tournée : tous à vos agendas!). Dans Out of context for Pina, d’Alain Platel encore, les corps troublants des danseurs nous faisaient pénétrer dans un univers parallèle, psychiatrique, animal, chantant. Le dernier spectacle de Koen Augustijnen : Au-delà, n’apporte, lui, que déception.

Au-delà porte son titre comme thématique. Les danseurs y sont des morts, errants dans un autre espace-temps. Ils nous arrivent du ciel ou du sol, sortent progressivement leurs membres – comme une nouvelle naissance – d’une colonne décorée avec des fleurs artificielles, assez kitsch. Ils flottent sur le plateau, racontant des bribes de leurs vies passées, en anglais, français ou néerlandais : des petites historiettes ou sensations qui nous font à peine esquisser un sourire. Peu d’humour, pas de profondeur. Platitude.
Outre celle de la mort, Au-delà s’interroge sur ce qui se passe quand un danseur doit penser à prendre sa retraite : qu’y a-t-il après une carrière scénique ? Une question qui semble préoccuper le chorégraphe, ainsi que ses coéquipiers ici, presque tous entrés dans la quarantaine.

Koen Augustijnen, justement, danse dans sa propre création et pourtant, c’est celui qui semble le plus perdu dans les phrases chorégraphiques d’ensemble – ce léger décalage est-il volontaire ou est-ce que nous ne sommes pas venus le bon soir ? Si les textes ne sont pas palpitants, les mouvements ne le sont pas plus. Pas de virtuosité – certes, les Ballets C. de la B. ne sont pas dans cette recherche-là – mais pas non plus d’innovation. De même que ces fantômes venus nous délivrer leur parole, nous flottons dans un sentiment d’amertume.

La musique jazz de Keith Jarrett apporte une dimension tantôt mélancolique, tantôt vivante et dynamique aux mouvements des danseurs. Voilà au moins un élément de satisfaction. Le père du chorégraphe était pianiste amateur de jazz, le dernier morceau du spectacle est une de ses compositions : bel hommage personnel de Koen à son  paternel.

Mais comme l’homme dans la vidéo diffusée en ouverture de la pièce, on aurait voulu s’extasier devant la beauté à l’état pur (en l’occurrence un double arc-en-ciel dans un paysage verdoyant). Malheureusement, nous n’avons pas su aller au-delà de ce qui nous était montré sur scène.

Au-delà, de Koen Augustijnen
Du 4 au 7 avril au Théâtre National de Chaillot, Paris.
Toutes les dates de tous les spectacles sur le site des Ballets C. de la B : www.lesballetscdela.be

Photographie © Bashir Borlakov

Partager :
  • Facebook
  • Twitter
  • Print
  • email

Laisser un commentaire