Calacas : Bartabas transforme Zingaro

03/11/11 par  |  publié dans : Scènes, Théatre | Tags : , ,

Avant la première du nouveau spectacle du Théâtre équestre Zingaro, Envrak a assisté à une répétition générale de Calacas, toute nouvelle création de Bartabas.

Il est des lieux de création où le spectateur devine que la représentation démarrera avant l’entrée en salle. Le Théâtre équestre Zingaro fait également partie de ceux là. Il y a tout d’abord le restaurant, vaste et accueillant chapiteau en bois, serti de tapis, de photos et de décors suspendus et colorés qui sont autant d’avant-goût pour la suite de la soirée. Sans s’en rendre compte, on baigne déjà dans le jus. L’escalier du Théâtre équestre flanqué d’un harangueur de foule et de son fidèle orgue de barbarie, nous accueille ensuite vers l’étage supérieur. Une odeur âcre nous pousse à regarder au dessous de nous. Dans des boxes, des chevaux s’ébrouent, s’habituant à notre présence. Le spectateur marche sur de la sciure épaisse et découvre une arène circassienne feutrée, cachée derrière des paravents affublés de motifs de têtes de mort. Le ton est donné.

Par une procession funèbre et une danse squelettique, Calacas nous invite – dans une ambiance macabrement orchestrée et savoureusement cocasse – à la découverte de l’imagerie populaire de la fête des morts au Mexique. Sur cette thématique, Bartabas  concocte un spectacle d’acrobaties, de musique tonitruante jouée par deux percussionnistes et deux chinchineros – performers des rues chiliens aux cymbales et tambours vissés sur le dos – , et de prouesses équestres. Pas moins de quarante chevaux vont défiler sous nos yeux.

Une scène circulaire placée derrière les spectateurs transforme le Théâtre équestre Zingaro en manège au format cinémascope où se croisent cortèges, carrioles dégingandés, courses poursuites de pistoleros trépassés, squelettes facétieux et grimaçants ou plus simplement un cheval blanc lâché à toute berzingue. Un des tableaux les plus poétiques est sans doute celui où plusieurs cavaliers casqués de tubes colorés virevoltant en traîne défilent en rythme au pas sourd de leur monture.

Durant une heure trente, jamais le spectateur n’a conscience du travail titanesque qu’a dû nécessiter cette nouvelle création tant le spectacle nous happe dans une expérience spectaculaire et esthétique. Pas moins de neuf mois de répétition pour atteindre une précision qu’aura certainement le spectacle d’ici quelques jours, générale oblige.

A l’image des squelettes dansant qui se contorsionnent (Calacas en espagnol), les spectateurs petits et grands se secouent eux aussi, mais de rire, heureux qu’ils sont de se jouer de la mort. Bartabas, lui, joue de tous les artifices du cirque, et y déploie son art avec une grande finesse, mettant ici en piste une de ses plus belles créations.

Pour clôturer la soirée les papilles en joie, vous pouvez commander votre repas avant le spectacle auprès de l’équipe de Flying Saucer, la cantine de Zingaro. Catherine André vous proposera un menu à 16€ d’inspiration mexicaine accompagné d’un Croze Hermitage – s’il vous plait !

Théâtre équestre Zingaro
Du 2 novembre au 31 décembre 2011 (de 40 à 50€)
Plus d’informations sur http://www.bartabas.fr

Photos © Agathe Poupeney

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