Christian Rizzo au Théâtre du Merlan

29/12/18 par  |  publié dans : A la une, Danse, Scènes | Tags : , ,

« D’après une histoire vraie »

Christian Rizzo dirige le Centre National Chorégraphique de Montpellier-Occitanie depuis 2015, qu’il a rebaptisé « Centre Chorégraphique International ». Né en 1965 à Cannes, il rencontre la danse comme par accident. Après avoir fondé un groupe de rock et une marque de vêtements, il se forme aux arts plastiques. Auteur de bandes-son et de costumes pour la danse, il franchira le pas en tant que danseur puis chorégraphe, de l’ombre des coulisses à la lumière de la scène. On le verra notamment danser pour Mathilde Monnier, Hervé Robbe ou Mark Tompkins, chorégraphes pour le moins atypiques, et créera nombre de chorégraphies et autres pièces aux multiples entrées, musique, arts plastiques installations et performances.

Des gens qui dansent

Ça aurait pu être le titre de cette pièce elle même très atypique s’il n’avait déjà été utilisé par « Naïf Production » de Mathieu Desseigne ou le groupe Emile Dubois fondé par Jean-Claude Gallotta. Des danseurs présumés entrent en scène, venus des coulisses, ils s’assoient à la lisière de la lumière, spectateurs des évolutions de leurs compères. La danse semble naturelle, le spectateur est amené à croire qu’il pourrait sans peine ni effort se joindre à leur nonchalance.

huit danseurs, deux batteurs, Didier Ambact et King Q4, dont les pulsations des percussions embarquent peu à peu -jusques dans leurs silences- vers un rythme tribal progressif qui impose la danse et enfin cherche la transe.

Le propos ténu est une recherche cathartique de l’émotion ressentie par Christian Rizzo lors d’un spectacle à Istambul, où, comme surgi de nulle part, des hommes investissent la scène pour une danse folklorique inattendue. Puis ils disparaissent. « A partir d’une histoire vraie » -comme son nom l’indique- part de là, pour recréer à son tour l’émotion, sans effets spectaculaires. Les hommes se croisent, dansant comme chacun pour soi, occupent l’espace, puis dansent ensemble. Barbus, hirsutes, c’est une danse d’hommes, virile, elle évoque la Turquie ou Zorba le Grec, sans paraphrase, portée par la spirale des percussions.

No woman no cry.

Comme la plupart du temps la salle du Théâtre du Merlan est pleine, le public applaudit à tout rompre. C’était la cent vingt-quatrième.

Jean Barak

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