Lettre ouverte à François Rollin

02/02/12 par  |  publié dans : Scènes | Tags : , ,

Ah François… François ! Quel bonheur de voir ton spectacle Colères à la Cigale !

Tu as écrit ce spectacle en 1996, mais tu l’as très vite “rangé dans un tiroir à cause de son relatif insuccès, qui fut pénible à vivre”. Malheur à nous, générations futures, qui n’aurions plus la chance de voir ce petit bijou… Oui, mais c’était sans compter internet et la magie de ses réseaux sociaux ! La vidéo de ton spectacle est mise en ligne et elle fait son petit bonhomme de chemin. “A ma grande surprise, il est devenu “culte”, nous dis-tu. A partir de 2002, un nombre croissant de gens me demandaient quand je reprendrais ce spectacle. Or, jusqu’ici, il n’en était pas question. Je l’ai rejoué en 2009 et, aujourd’hui, il achève sa carrière à La Cigale.”

Quel soulagement ! La malédiction est enfin levée après toutes ces années, nous allons te voir ! C’est un privilège que tu nous fais, nous l’apprécions d’autant plus.

Que nous racontes-tu avec Colères ? Tu te présentes sur scène sous les traits de Jacques Martineau, homme énervé qui peste contre tout et n’importe quoi, et surtout contre ces comiques, qui se plaisent à rire en permanence, alors que quand on y pense, il n’y a franchement pas de quoi ! Ton personnage a des choses à nous dire, et il ne va pas sa gêner pendant plus de deux heures.

Pour lui, les choses sont simples. Il y a des moments dans la vie où il est bon de rire, un bal des pompiers, une noce, un numéro de clown. Pour tout le reste, s’abstenir s’il vous plait ! Tu décris d’ailleurs ton personnage ainsi “Il est jaloux, dépité de constater que les gens, au lieu de s’affliger du fait que tout va mal, rient. Il n’a pas accès à l’émotion émancipatrice du rire.” Je te rassure, nous oui ! Plus Martineau s’emporte, plus on se marre ! Il le fait en plus avec précision et pragmatisme (comment pourrait-il en être autrement ?), en appuyant chacun de ses propos par un schéma. Ah les schémas… quel régal là aussi de le voir nous expliquer en deux colonnes, ce que le métier de cantonnier a à envier à celui de star du comique !

Comme toujours, ton élocution et ton art du verbe, que toi seul maîtrise, sont là pour servir ton personnage et donner un sens très pointu à ce qu’il raconte

Déjà avec le Professeur Rollin, que tu as créé pour la série Palace en 1988, toi seul pouvait capter ton auditoire comme tu l’as fait ! Nous étions alors pendus à ta bouche et à ta langue, celle de Molière… Il a pourtant failli en être autrement…“Ribes pensait que ma livraison de texte était bonne, mais qu’il souhaitait quelque chose de plus personnel, nous expliques-tu. Dans la nuit, j’ai écrit, sauf que mon sentiment était que personne d’autre à part moi n’aurait pu dire ce texte. Le lendemain, Ribes m’a dit que c’est exactement cela qu’il voulait. Et contre l’avis de certains, m’a laissé le faire.” Cette décision était la bonne Jean-Michel ! Le Professeur Rollin avait toujours quelque chose à dire, et nous serions toujours là pour l’entendre.

La représentation de Colères s’achève fin janvier sur Paris (et sur un triomphe !), mais elle se poursuit en province. Que ceux qui ont l’occasion de venir te voir le fassent, ils ne seront pas déçus. Ils pourront rire grâce à celui qui ne veut que l’on ri de rien, le plaisir absolu…

Colères avec François Rollin
Metteur en scène : Joël Dragutin
* Le 16 mars 2012 à Franconville (95)
* Le 23 mars 2012 à Anglet (64)

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