De la place Tahrir au Théâtre des Carmes d’Avignon

01/08/16 par  |  publié dans : Scènes, Théatre | Tags : , , , ,

De la « Place Tahrir » au Théâtre des Carmes

De nouveau accompagné au piano par Henry Torque, après « Récits de vie en temps de guerre » sur la guerre du Liban qu’il a vécue lui même, Jihad Darwiche a conté au Théâtre des Carmes « Place Tahrir, le jour où l’espoir nous a prises par surprise ».

 

Jihad Darwiche Henry Torgue

Henry Torgue

Henry Torgue est Docteur en sociologie et responsable d’unité de recherche, mais il aime la vie de saltimbanque et, pianiste, il a composé pour Jean-Claude Gallotta, Carolyn Carlson et Philippe Genty. L’accompagnement d’Henry Torgue est un support musical subtil qui s’efface derrière le verbe et parfois s’arrête, comme pour mieux souligner sa présence dans les silences. Il sait se faire décor, fond sonore, sa musique porte la voix sans jamais voler la vedette. Il accompagne « Récits de vie en temps de guerre » et « Place Tahrir » en tournée internationale.

 

Jihad Darwiche

Jihad Darwiche

En principe, pendant le Festival d’Avignon, ville où il habite, Jihad Darwiche est à l’autre bout du monde. Il l’arpente depuis bien plus de trente ans et conte jusques dans des pays qui n’entendent ni le français ni l’arabe, avec un traducteur. Mais une invitation de Sébastien Benedetto, ça ne se refuse pas. Il est né au milieu des récits des femmes de son village et de sa mère, il a été journaliste à Beyrouth puis à Paris, a enseigné l’arabe à l’université de Provence, il est naturellement devenu conteur. Il peut raconter les milles et une nuits ou l’épopée de Gilgamesh, jusqu’à ce que le public soit endormi, jusqu’au dernier. Le conte reste une affaire de famille : on peut le voir depuis peu d’années conter avec ses deux filles, Leïla et Najouah, des contes orientaux ou collectés dans le monde entiers. Il a formé des centaines de conteurs en France et sur tous les continents.

 

Jihad Darwiche

Place Tahrir

C’est le recueil de récits de femmes qui vivent intensément le miracle d’une révolution spontanée, comme un feu de brousse que personne n’avait vu venir. Ce sont des femmes de tous âges, de toute conditions, en proie au doute, à la peur, pour elles, pour leurs enfants, leurs proches, mais conscientes de vivre un moment historique dont elles ne pouvaient se détourner.
Le récit est nécessairement en spirale, le déroulement du même événement reprenant les mêmes faits, mais chaque fois avec le point de vue différent d’un sujet différent, avec sa progression dramatique, la tension, les attaques de la police du régime, l’ambiguïté de la position de l’armée. On tourne autour de la place, on en part et on y revient, le temps revient en arrière et repart inlassablement au grès des témoignages, comme un cauchemar qui recommence sans cesse dès qu’on glisse dans le sommeil.

 

Jihad Darwiche

Le peuple veut

C’est au cri de « Le peuple veut » que la dictature est tombée, les hommes et les femmes de la place Tahrir ont lourdement payé le prix du sang . Pour les femmes la difficulté était plus grande encore, leur place n’était pas supposée être là, elles devaient tenir leur intérieur, question de civilisation. Que Jihad Darwiche soutienne à la première personne du singulier ces récits de femmes ne surprend personne, il incarne naturellement Nadia Leïla Asma Yousra ou Marie, durant le temps passé sur cette place où elles se découvrent libres, au mépris du danger et des balles. La dictature d’un régime corrompu a cédé la place à celle de l’armée, à ceux qui se demandent « Tout ça pour ça ? » l’un des enfants tombé répond “ça a existé, c’est un premier pas, ceux qui viendront après feront mieux et iront plus loin”.
« La Place Tahrir » est un pan d’histoire vivante, un témoignage poignant.

 

Jihad Darwiche Henry Torgue

 

Plusieurs de ces récits ont été recueilli par Imad Tharwat, Jihad Darwiche a écrit les autres à partir de témoignages lus dans les journaux ou sur internet.

Contacts :

frantorgue@free.fr
jihad.darwiche@free.fr

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