“Disparition” au B.N.M., en collaboration avec l’I.C.K. d’Amsterdam

31/03/19 par  |  publié dans : A la une, Danse, Scènes | Tags : , , , , ,

Disparition 2019

Disparition est le second volet du diptyque “Apparition, Disparition”.

La première partie mettait en scène des enfants, sur un opéra de Mahler, les danseuses et danseurs jouant l’illustration et le lien entre les séquences. C’était une création hybride, entre théâtre opéra et danse, qui laissait sur sa faim les amateurs de danse pure.

Dans “Disparition”, la danse reprend tous ses droits, la première partie ne revenant que discrètement comme accompagnement sonore, chants d’oiseaux et murmures d’enfants.

Disparition 2019

Épuré à l’extrême, le décor est symbolisé par un néon qui domine la scène, ou qui descend pour délimiter une sorte de ring, un espace clos qu’investissent ou désertent danseurs et danseuses. (Disons danseurses pour l’inclusivité mode tendance, il faut vivre avec son temps).

Disparition passe de l’autre côté du miroir, de la présence à l’absence, du chant à la danse, de l’enfance à l’âge adulte. Loin de représenter le vide, l’absence de ce qui a été dévoile une présence redoutable. On y retrouve l’univers visuel et sonore de Piéter Scholten et la gestuelle très personnelle d’Emio Gréco, que nous avions découvert jadis au Festival de Marseille, avec Hell.

Disparition 2019

Une saison a passé, quatre en fait, maillon de la chaîne initiée par Roland Petit, créateur du Ballet, suivi de Marie-Claude Piétragalla qui n’a pas réussi à réaliser l’impossible: passer du cabaret avec plumes, Zizi et boys, aux rigueurs de l’Opéra de Paris, l’école de Noureev, d’une exigence absolue. A suivi Frédéric Flamand, tous en diplomatie. Il a pratiqué avec succès la résistance belge puis est parti de lui même, après le sommet de MP13, avant qu’on ne le remercie. Tous en conviennent, Marseille, c’est très compliqué, et la période est de plus en plus malsaine pour la culture. Emio Gréco et Pieter Scholten n’auront tenu qu’un mandat mais ils sont loin d’avoir démérité. On leur aura reproché d’avoir gardé la Direction de l’ICK Amsterdam, option certes discutable mais qui s’avère prudente: ils touchent des pieds avant de lâcher des mains. Incessamment sous peu nous saurons qui sera la prochaine victime consentante.

Disparition 2019

Quoi qu’il en soit cette disparition est une très belle pièce que le public applaudit debout, dans le droit-fil de “Extrémalisme”.  On pourrait bien revoir Emio Gréco et Pieter Scholten par chez nous, libérés du rocher de Sisyphe qu’est ce redoutable B.N.M., prestigieux et ingérable.

A suivre donc.

Jean Barak

Disparition 2019
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