En passant par P.A.R.T.S

12/03/12 par  |  publié dans : Scènes, Société | Tags : , ,

Avez-vous déjà entendu parler de P.A.R.T.S ? Non, ce n’est pas le nom d’un satellite que l’on va envoyer pour sonder le cosmos. Ce ne sont pas non plus les initiales d’un nouveau régime ultra performant. Ça veut dire : Performing Arts Research and Training Studios. P.A.R.T.S, c’est l’une des écoles de danse contemporaine les plus connues dans le monde entier. Elle a été fondée en 1995 par la chorégraphe flamande Anna-Teresa de Keersmaeker. Celle à qui Beyoncé a piqué des chorégraphies, pour son clip Countdown, le plus innocemment du monde. Après tout, la Belgique est un tout petit pays, un point minuscule, comparé aux États-Unis. Qui allait s’en rendre compte ? Seulement, la chorégraphe est loin d’être une débutante qui débarque dans le monde de la danse, alors forcément, le plagiat de la belle Américaine est loin d’être passé inaperçu…

 

Mais pourquoi est-ce que je vous parle de cette école ? Parce que j’ai réalisé un rêve de gamine : partager pendant une matinée entière la vie d’un étudiant danseur dans une école de danse réputée. Depuis le début du mois de février, l’école ouvre ses portes tous les vendredis matins à ceux qui sont intéressés pour passer les prochaines auditions ou à ceux qui sont simplement curieux (comme moi). Ce matin-là, nous étions quatre à nous présenter à la porte de P.A.R.T.S.
Installée au sud-ouest de Bruxelles, dans la commune de Forest, une ancienne zone industrielle, l’école, plutôt discrète, est implantée dans une ancienne usine de fabrication de freins. Mais à l’intérieur, c’est une toute autre histoire qui se raconte : des murs en briques rouges, des couloirs suspendus qui donnent une visibilité sur les studios, des salles de repos avec des grands canapés et des gâteaux arabes faits main par une des femmes de ménage. Certains studios sont réservés à Rosas, la compagnie d’Anna-Teresa de Keersmaeker, nous dit Eva, notre hôtesse. Eva s’occupe du lien avec les étudiants, c’est elle qui organise les inscriptions pour les auditions, et qui a toujours un petit mot pour tout le monde tous les jours. « J’adore les langues. Je suis flamande, je viens de Louvain. Dans l’administration, on parle en flamand la plupart du temps, sauf quand on est en présence de la seule personne qui travaille avec nous qui parle uniquement anglais. Avec les étudiants, quand je sais que ceux qui parlent français ont un bon niveau d’anglais, je leur parle en français pour améliorer le mien. Par contre, si je sais que leur anglais est mauvais, je continue de leur parler en anglais pour qu’ils s’améliorent. C’est très important pour leur carrière professionnelle. »

En cours avec Douglas Becker et David Hernandez

Eva est particulièrement à l’écoute de chacun, et c’est elle qui nous a guidés toute la matinée. Après un tour rapide de l’école, elle nous invite à nous installer pour le premier cours de la journée : danse classique avec Douglas Becker. Loin de l’image du tutu et des pointes pour les filles, et des collants moule-bite pour les garçons, ici les étudiants s’entraînent dans des survêts ou des pantalons larges. À l’aise. Douglas Becker est philosophe et leur fait lire un extrait du dépliant d’une exposition de photographie en ce moment à Bruxelles, touché par les mots décrivant l’œuvre de Cy Tombly.

L’ambiance est décontractée, il y a de la complicité dans l’air. Les apprentis danseurs ont la chance d’être accompagnés au piano en live. En plus, ils ont droit à des musiques plutôt sympa (un sirtaki, par exemple, pour les battements de jambes), et non pas les sempiternels même refrains ennuyeux des cours « classiques » de ballet. Pendant le cours, Douglas Becker est attentif à chaque étudiant et n’hésite pas à aller vers eux pour leur parler pendant l’exercice. Pas de sensation d’avoir mal fait ou de ressentir de l’humiliation en refaisant l’exercice devant tout le monde. À la fin du cours, le professeur invite les élèves danseurs à s’exprimer, à poser des questions et surtout à se poser des questions.

Petite pause de dix minutes avant d’enchaîner avec un cours de contemporain, donné par David Hernandez. L’atmosphère est aussi détendue que dans le cours précédent. Et comme pour la danse classique, le cours est orchestré par un musicien, qui, cette fois-ci, rythme la classe au son du cajón. Le maître mot de ce cours semble être sentir les vibrations, dans tous son corps, de tous ses mouvements. Ça donne envie de les rejoindre pour bouger avec eux.

Le cours se termine peu avant 13h, l’heure pour les étudiants et le personnel de dévorer leur repas macrobiotique. Une philosophie de cuisine selon laquelle il y a des aliments yin et yang (féminin/masculin) qu’il faut manger selon nos besoins pour s’équilibrer. Les aliments doivent également être cuisiner d’une certaine façon. À P.A.R.T.S, les étudiants ne mangent pas de viande, seulement du poisson le jeudi. C’est une alimentation surtout à base de légumes secs, d’algues, de tofus, etc. Nous n’irons pas plus loin, vous laissant libre de vous renseigner sur cette cuisine particulière.

Fin de la matinée ouverte, les étudiants reprennent leurs cours et nous, le chemin de la sortie. Résultat : je me dis que danser tous les jours et manger macrobio, ça rend beau. Mais pour arriver à leur niveau, je vais peut-être commencer par me remettre au sport !

Toutes les infos sur www.parts.be

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