Finetuning, accord parfait à Avignon

28/07/16 par  |  publié dans : Danse, Scènes | Tags : , , ,

Dusan Hégli

 

Accord parfait

Finetuning est la première pièce d’une trilogie, un objet étrange venu d’ailleurs. De Presbourg, Wien et Budapest précisément. C’est un concert de musique slave traditionnelle avec Làzlo Kelemen, mais également classique avec Joseph Haydn et Béla Bartók. Elle dérape même du côté du slam, avec un texte qui importe plus pour sa rythmique que pour son sens, qui nécessairement échappe. C’est une pièce de danse folklorique ou ethnique, selon qu’elle se danse encore où qu’elle repose dans les musées, et de danse contemporaine. Même les partitions et les boites de contrebasses dansent, comme les cubes blancs du décor qui évoluent au grès de la chorégraphie.

 

Dusan Hégli

On ne s’étonne plus de l’universalisation de la danse contemporaine, comme à l’inverse en son temps le hip hop a conquis la planète. Au moment où le hip hop intègre la danse contemporaine, celle ci n’en porte pas moins la marque des origines de ses chorégraphes. On a vu à quelques centaines de mètres cette étrange objet taïwanais -Floating Flowers- dans la même rue Guillaume Puy, aussi chinois que Finetuning est slave, avec le même génie contemporain du détournement des formes traditionnelles, d’Asie ou d’Europe centrale.

 

Dusan Hégli

Cela fait pourtant dix sept ans que la Hegli Dusan Company écume le monde, jusqu’aux Etats Unis et en Australie, que ses créations sont entrées au répertoire de compagnies internationales, mais nous les découvrons en 2016 à Avignon, Compagnie éponyme de son chorégraphe et créateur, Directeur artistique du Théâtre de la Danse des Jeunes Cœurs de Pozsoni. L’orchestre est Hongrois, la compagnie Slovaque, l’art n’est pas comme la politique où on pratique de plus en plus la scission la partition et l’exclusion. La politique met des barbelés aux frontières, l’art les abolit. Chacun reconnaîtra les siens.

 

Dusan Hégli

 

L’âme slave

La première partie explore la relation entre la musique du quatuor à corde et la danse, la seconde les relations entre hommes et femmes, l’exclusion ou la violence, la fraternité virile qui se suffit à elle même pour l’assaut de virtuosité. L’accord parfait -Finetuning- entre musique et danse est la tentative de comprendre les tourments de l’âme, on dit que l’âme slave y est particulièrement disposée.
Il y a des spectacles auxquels on vient à reculons, en redoutant un folklore naphtaliné et des costumes laissant échapper des mites, il n’en est rien. C’est ce qui fait le charme d’Avignon, les découverte inattendues, on n’est pas à l’abri d’une bonne surprise. Comme il s’agit du premier volet d’une trilogie, on attend la suite. A surveiller donc !

Jean Barak

 

Dusan Hégli

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