Gréco Scholten à Montpellier Danse 2015

29/06/15 par  |  publié dans : Danse, Scènes | Tags : , , , , ,

 ICKamsterdam et Ballet National de Marseille en fusion

En robe noire dans le noir, hommes et femmes masqués, Le ballet fait corps.
Soumis à un rythme infernal, dépouillés de leurs masques, progressivement les visages se marquent, on y lit l’effort, puis la souffrance, enfin l’épuisement. Les traits se durcissent, se creusent, les corps ruissèlent.

 

Extremalism

Extremalism

 

De cette masse anonyme aux mouvements synchrones des individualités apparaissent, on distingue la force des hommes, la puissance de l’une, la félinité d’une autre, l’humanité de chacun, pourtant enchâssée dans un magma impressionnant de muscles et de chairs en mouvement.

 

Emio Gréco Pieter Scholten

 

Hier aujourd’hui demain

« Extremalism » est une œuvre foisonnante, une rétrospective où on retrouve toute la gestuelle et toutes les thématiques des pièces du Maître et de son complice, particulièrement l’esthétique de « Hell » et celle du « Corps du Ballet ». C’est un triptyque en forme d’œuvre complète, comme un testament prématuré, avant la résurrection.

 

Emio Gréco Pieter Scholten

 

Comprendre ou ressentir

le spectateur crée l’œuvre, assène-t-on depuis Marcel Duchamp, dont on a oublié qu’il était un grand peintre, et pas uniquement un adorateur supposé -mais ironique- de pissotière pour musée. Si Il n’a laissé que cette trace il n’y est pas pour rien, mais c’est bien fait pour nous. Pourtant ça pourrait être simple: vous découvrez une peinture ou une chorégraphie, elle vous indiffère, vous enquiquine ou vous émeut. Le propos du créateur est une chose, celui du critique une autre, mais c’est toujours vous qui la vivez. A vous de vous l’approprier, si elle s’y prête et si vous le pouvez.

 

Emio Gréco Pieter Scholten

Néon

Un immense néon elliptique éclaire la scène, quand il descend des cintres il emprisonne les danseurs comme un cercle de feu pour une cérémonie tribale, autour d’un officiant porteur de tous les masques qui ont dansé. Dans la pensée sauvage animiste, Dieu descend dans les masques quant ils dansent, les masques qui ont dansé sont consacrés.

 

Emio Gréco Pieter Scholten

Extrémisme

Emio Gréco et Pieter Scholten poussent les danseurs à l’extrême limite de leurs forces et de leurs capacités, et ça passe. Parfois ça casse. Plusieurs danseurs et danseuses sont dans la salle, spectateurs pour une fois forcés de la pièce qu’ils ne danseront pas pour cause de blessure, c’est la dure loi du genre.
On oublie devant leur beauté offerte la passion quasi mystique des danseurs et des danseuses, la souffrance qu’ils s’infligent pour être de ces rares élus, et pour si peu de temps. La danse de Gréco est plus extrême que minimaliste, flamboyante.

 

Emio Gréco Pieter Scholten

Polémique

On a pu s’étonner qu’un Directeur soit remplacé par deux en ces temps de restrictions drastiques, à temps partiel de surcroit puisque tous deux également Directeurs de deux structures éloignées de mille kilomètres.
L’avenir nous dira si les forces du Ballet National de Marseille se sont additionnées à celles de ICKamsterdam au bénéfice des deux, ou l’inverse.
Pour l’heure, après « Le Corps du Ballet », porté par des danseuses et des danseurs magnifiques, « Extremalism » n’est pas près de quitter les mémoires.

Créé à Amsterdam, ovationné à chaque fois par les mille quatre cent spectateurs du Corum à Montpellier, la pièce sera les 17 18 et 19 Septembre 2015 au Théâtre de la Criée de Marseille

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