Kaori Ito, une extraterrestre au Pavillon Noir

23/12/19 par  |  publié dans : A la une, Danse, Scènes | Tags : , , , , ,

“Is-it Worth to Save Us?”

Kaori

On l’a vue vers 2002 dans les “Quatre Saisons” d’Angelin Preljocaj et dans “N”. Puis elle a suivi d’autres chemins, créé ses propres pièces: une histoire de fantômes Japonais, “Noctiluque”, puis un tryptique: “Je Danse parce que je me Méfie des Mots” en duo avec son père sculpteur dont elle était éloignée, “Robot, L’Amour Éternel”, comme si elle n’était pas elle-même dans l’amour, et enfin “Embrase Moi”, l’histoire de la rencontre avec son compagnon circassien Théo. Ils se sont donné un enfant, qu’elle allaite encore après les spectacles.

Feu follet elle ne tenait pas en place, rencontrait des éphémères qu’elle remerciait de ces moments sans lendemains, parcourait le monde, habitait Paris, revenait au Japon, puis dit-elle, “Un arbre a poussé en moi”. Elle commence à être et Japonaise, et Française.

 

Embrase Moi, Kaori Ito Théo Touvet

Chacune de ses chorégraphies ne ressemble en rien à aucune autre. Très rares sont les artistes qui se renouvellent sans cesse, qui réinventent leur art à chaque création. Chaque pièce surprend, dérange, bouscule et enchante. Kaori est restée facétieuse comme une petite fille, elle joue et rit, elle entraîne toujours le public, mais pas nécessairement dans sa zone de confort. Avec Embrase moi, elle est au delà de la pudeur, dans la vérité de leurs corps nus, dans une innocence originelle qui vous saisit et vous émeut.

Kaori et Miraï Moriyama

Miraï Moriyama est une étoile du cinéma et de la télévision au Japon, danseur également. Impassible et sérieux à l’extrême comme il se doit dans sa culture, “Lui, c’est très difficile de le dérider” dit-elle, mais elle y emploie toute sa science et sa malice, c’est peu dire.

Très librement inspiré d’un roman de Yukio Mishima, “Est-il vraiment nécessaire de sauver l’Humanité?” n’est pourtant pas exempt de gravité ni de grâce, celle d’où l’âme se détache du corps, comme un oiseau mythique, au centre d’un carré de lumière, dans une impénétrable obscurité.

Nous ne dévoilerons pas dans quelle fantaisie délirante la pièce dégénère, entre Max Sennett, Michael Jackson et comédies musicales des années folles, mais comme toutes les fantaisies et les drames de Kaori Ito, si elle revient par chez nous, il ne faudra surtout pas rater “Is-it Worth to Save You?” ou n’importe laquelle de ses folies douces.

Jean Barak

 

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