La danse macabre de Delhi

26/01/12 par  |  publié dans : Scènes, Théatre | Tags : ,

© Anoek Luyten

Ils nous viennent tous deux de l’Est, Galin Stoev, metteur en scène, est né en Bulgarie, et l’auteur de Danse « Delhi », Ivan Viripaev, est russe. Ce duo n’en est pas à sa première collaboration : en 2007, leur pièce Genèse nº2 avait été présentée dans le In du Festival d’Avignon. Travaillant entre la Bulgarie et la Belgique, Galin Stoev présente en ce moment Danse « Delhi » au Théâtre des Tanneurs, à Bruxelles.

Six personnages pour sept tableaux se retrouvent confrontés à la mort. Dans la salle d’attente d’un hôpital, ils vont exprimer leurs peurs, leurs sentiments, se raconter des histoires et puis parler de la vie à travers l’une de ses manifestations les plus joyeuses et les plus intenses : la danse. Mais pas n’importe quelle danse, celle appelée danse « Delhi ». Une danse envoûtante, hypnotique, charmeuse, au point de rendre amoureux Andreï de la danseuse, et de laisser la critique de danse mondialement renommée, Valeria, sans mots pour en parler…
Vous ne verrez pas cette mystérieuse danse sur scène, le risque de gâcher notre travail d’imagination et de fantasmagorie est trop grand. Mais, la danse réussit quand même à s’insinuer : elle est dans les répétitions des gestes des bras de l’infirmière, dans les différentes façons de signer les papiers qui autorisent d’envoyer le corps à la morgue, dans les pas calculés de Catherine, la fameuse danseuse, ou encore dans les mouvements du visage de Valeria.

Ce sont donc sept pièces dans la pièce qui vont entremêler les destinées de chacun dans un méli-mélo de morts et de résurrections à chaque changement de tableau. Les personnages évoluent, gardant à chaque nouvelle pièce les données précédentes, et les répétitions transforment les situations en les rendant parfois très comiques. La mort est tantôt rendue légère, tantôt grave et importante « vous le savez mais vous ne comprenez pas que vous allez mourir ». Chaque personnage aura son objectif personnel à atteindre : que ce soit l’acceptation d’une mère des choix de vie de sa fille, ou de trouver la force de vivre son grand et véritable amour en acceptant de faire du mal autour de soi, ou encore de se rendre compte qu’il vaut mieux vivre sa propre vie malheureuse, plutôt que celle heureuse d’un étranger.

Dans un décor clinique, la chaleur des personnages, très bien servis par les acteurs ayant chacun le physique de leur rôle, nous réchauffent sur un sujet universel : la mort. On nous rappelle que nous allons tous mourir et que si on s’en rendait vraiment compte, nous changerions notre façon de vivre. Le tissu des relations entre les personnages est touchant et nous fait réfléchir sur nos propres relations. Même si la salle n’était pas remplie ce soir-là, le public a chaudement applaudi les acteurs.

À voir jusqu’au 28/01 au Théâtre des Tanneurs, Bruxelles.

Partager :
  • Facebook
  • Twitter
  • Print
  • email

Laisser un commentaire