Latcho Divano, le Festival des Cultures Tziganes

16/04/18 par  |  publié dans : A la une, Festival, Scènes | Tags : , , , , ,

A la cité de la Musique, à la Friche Belle de Mai, le dixième Festival “Latcho Divano” a eu lieu en ce début d’avril 2018, peut-être pour la dernière fois.

Leur subvention Régionale a été “sucrée” comme bien d’autres, peu avant la manifestation, à bas bruit. De même, Babel Med -dont ils ont été partenaires- a vécu. Deux manifestations internationales de métèques supprimées, ça fait perdre des centaines de voix et gagner des milliers. C’est de la politique bien ordonnée, comme la charité, elle commence par soi-même. Les Roms, on préfère dépenser des fortunes pour leur rendre la vie infernale, quand ils ne demandent qu’un peu de tolérance, un espace inutilisé et un point d’eau. Peu importe le prix dépensé, exorbitant, le rapport du choix de la haine de l’autre est très largement bénéficiaire. En regard des eaux glacées de ces calculs égoïstes, les fondateurs de Latcho Divano parient sur le partage des cultures, la rencontre de l’autre et la tolérance. Ce n’est pas gagné.

 

 

Côté concerts, les deux moments forts de 2018 s’appelaient Norig, du “No Gypsy Orchestra” à la cité de la musique, et Tchavolo Schmitt à la Friche Belle de Mai. Le Festival Latcho Divano, “le Bel Echange” en Romani, a pour ambition de faire découvrir au Grand public la culture Rom dans sa richesse et sa diversité.

 

Norig à la Cité de la Musique

Elle n’est pas Rom, son orchestre semble constitué d’un violoniste tzigane, d’un guitariste manouche, d’un contrebassiste bien de chez nous et d’un accordéoniste serbe, mais on s’en fiche. La passion n’a pas besoin de carnet anthropologique. Elle a été rendue visible par l’émission “ze voïce”, il y a de belles surprises même chez les marchands de soupe populiste. Un port de gitane farouche, une voix qui pourrait se passer de micro, subtile et vibrante, puissante et belle, un sourire enjôleur ou carnassier, Norig est envoûtante et habitée. On ne saurait éviter Djèlem djèlem et Edelerzi dans un concert tzigane, on ne les laisserait pas partir sans. Norig en fait une interprétation à vous faire hérisser tous le système pileux, Tony Gatlif ne s’y est pas trompé. Une artiste rare à revoir sans modération.

 

Tchavolo Schmitt

 

Des concerts des Roumains du Nadara Gypsy band d’Alexandra Beaujard,  Ghitsa et les Vagabontu, le Gitan Antonio Negro, Kesaj Tchave, Les Enfants de la Fée de Slovaquie, le jazz Manouche de Mandino Reinhart, le Flamenco d’Isabelle Cortès, celui d’Antonio Negro, d’Eva Luisa, de Magali Contrera et d’Isabel Gasquez, de la Yeya Santiago, de la Fabia, les Gitans Dhoad du Rajasthan, les deux Antal Kovaks de Romano Drom, le Taraf de Haïdouk, Davaï, Traio Romano de Lise et Gravis Borki, les cuivres de Boban et Marco Marcovic, des films, “Latcho Drom”, “Swing”, “Transylvania” de Tony Gatlif bien sûr, Alexandar Petrovic avec “J’ai même rencontré des Tziganes heureux”, des expositions de peinture, de photographies de Marina Obradovic, Laurence Janner, Eric Roset, Kamar Idir, des conférences, lectures et contes avec Alexandre Romanes, Catherine Zarcate, du théâtre, des stages de cuisine, de chant de danse et de langue Romani, c’est un condensé incomplet de ces dix années passées de rencontres, riches en émotions.

 

 

Pour la deuxième année consécutive une masterclass avec l’orchestre des élèves du Collège Longchamp dirigé par Frédéric Isoletta, cette année avec Tchavolo Shmitt

 

On  sait l’histoire de la main brûlée de Django Reinhart qui l’a obligé à changer d’instrument et de style, inventant le jazz manouche, qui a fait école. Le Maître disparu, le style a ses virtuoses, ses héritiers flamboyants:

Tchavolo Schmitt aux “Grandes tables” de la Friche Belle de Mai

Le Festival Latcho Divano a du faire appel à la générosité du public pour financer son édition onzième en 2019, ce n’est pas encore gagné non plus, on croise les doigts.

Jean Barak

http://www.latcho-divano.com/

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