Le “Bosch Dream” des sept doigts de la main

18/02/18 par  |  publié dans : A la une, Cirque, Scènes, Théatre | Tags : , ,

La Compagnie Canadienne Les Sept Doigts de la Main excelle dans les disciplines du cirque contemporain, mais elle a depuis les origines intégré aussi bien la danse que le théâtre, et dans ce nouvel opus, la vidéo.

On s’attend à un spectacle de cirque, il y en a quelque bouffées à intervalle régulier, mais ça tient aussi bien de la conférence universitaire sur l’art de Jérôme Bosch que du théâtre d’images ou du dessin animé.

On ne peut s’empêcher de penser aux animations géniales de Terry Gillian pour les Monty python à la recherche du sens de la vie, mais, en l’occurrence, ce sont les multiples figures fourmillantes du fameux triptyque de Jérôme Bosch qui prennent vie devant vous, “Le Jardin des Délices”. Supposé être un “primitif flamand”, Bosch est d’une telle modernité que Salvador Dali s’en est inspiré sans vergogne, comme Jim Morrison pour “La Nef des Fous”, ils traverseront également ce spectacle de façon récurrente.

Bien entendu il y a eu Blanca Li dont les danseurs devenaient des chimères boschiennes, mais comparaison n’est pas raison. Même si les masques ne sont pas en reste, dans “Bosch dream” ce sont surtout les animations vidéos qui animent les figures du tableau. En dessin animé, tout est possible, la richesse foisonnante de l’oeuvre est telle que même les connaisseurs la découvriront comme ils ne l’ont jamais vue.

C’est un spectacle hybride assez déconcertant, aux éléments disparates, alternant numéros traditionnels sur fond de paysage flamand, présentation universitaire et dessins animés, mais très vite vous entrez dans cette gageure en vous laissant conduire entre ciel et enfer, à travers la truculence des personnages grotesques et chimériques du jardin des délices.

Après leur précédents spectacles “Triptyque” sur des chorégraphies de Marie Chouinard, Marcos Mauro et Victor Quijada à Miramas en 2017 et “Réversible” à l’Olivier, ils nous offrent un tout nouvel aspect de leurs talents multiples et de leur inventivité. Ce n’était pas gagné d’avance, mais le pari est totalement réussi et le public enthousiaste. Il y a fort à parier qu’Anne Renault et sons équipe les programmeront de nouveau pour de prochaines élancées.

Jean Barak

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