Les Affluents du Ballet Preljocaj à Marseille

23/03/16 par  |  publié dans : Danse, Scènes | Tags : , , , ,

Des affluents du Ballet Preljocaj alimentent le cours marseillais du KLAP de Kéléménis

Baptiste Coissieu

Liam Warren et Baptiste Coissieu sont tous deux danseurs au Ballet Preljocaj, les trois pièces présentées ce 5 mars à la Maison pour la danse de la Compagnie Michel Kéléménis ont été créées au cours des « affluents », institution du Ballet Preljocaj qui permet à ses danseurs de réaliser leurs propres chorégraphies dans des conditions optimales.

Entre dire et faire

Warren 2016

Né en 1989 à Victoria, Liam Warren étudie la danse au Canada, aux États Unis, à Paris et aux Pays Bas, il intègre le Ballet Preljocaj en 2008.

Ses deux soli interrogent la réalité virtuelle, celle du corps et de la trace qu’il laisse en passant dans la lumière, la permanence rétinienne ou sa mémoire avec « Absentia », celle de l’impact du flux cathodique sur le téléspectateur fasciné par un flot ininterrompu d’images et d’informations télévisées sans trace d’analyse avec « Tiré ». Le solo est un exercice exigeant, une exposition sans artifices de son univers intérieur, la mise en danger d’une profession de foi. La bande son de « Tiré » n’est pas non plus innocente : c’est le texte de Roland Gori « La dignité de penser ». Ce qu’il ne peut dire il le danse sur les mots d’un autre, qui n’est pas anodin. D’une totale sincérité.

Warren 1U7A6057

Alien

Baptiste Coissieu

Baptiste Coissieu étudie la danse à Lyon puis dans la formation DANCE, expérience riche mais par trop coûteuse au goût des financeurs étatiques, elle n’a pas été reconduite. Dirigée conjointement par Angelin Preljocaj, Frédéric Flamand Wayne MacGrégor et William Forsythe, ce qui est pour le moins original et inédit, elle a été une pépinière de jeunes talents qu’on retrouve dans les plus grandes compagnies internationales. Baptiste Coissieu intègre le Ballet en 2008. Après l’ébouriffant « Bonsoir Madame la Baronne » en 2012 il récidive avec une pièce conçue comme un délire inter-galactique « TrES-2B ». Deux danseurs masqués de latex descendent des cintres, ce sont des extraterrestres venus observer les terriens. L’auteur a beau reprendre tous les poncifs du cinéma des des séries télévisées, depuis « 2001 » jusqu’à Alien en passant par E.T. et quelques autres, entre humour décalé et gestuelle déjantée, la pièce démarre lentement mais finit à un train d’enfer. Absolument efficace et original.

L’avantage des affluents c’est qu’ils sont régulièrement repris. A surveiller donc.

Baptiste Coissieu

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