Les belles bacchantes de la Compagnie Sennsa

23/07/18 par  |  publié dans : A la une, Festival, Scènes, Théatre | Tags : , , , ,

Las Bacantas du Teatro Laboratorio Sennsa sont au Théâtre Notre Dame en Avignon

Dionysos est fils adultérin de Zeus et de la fille de Cadmos, fondateur et roi de Thèbes en Béotie.

“les Bacchantes” d’Euripide relatent ses mésaventures, la Compagnie Sennsa Teatro Laboratorio s’en inspire librement.

Né de sa mère morte en couche, arraché par Dieu son père au corps inerte de sa mère, il est cousu dans sa propre cuisse par Jupiter, ce qui n’est pas rien.

 

Né une deuxième fois, de la cuisse de Jupiter, longtemps errant, il revient à Thèbes incognito. Il est l’étranger venu d’ailleurs, il met en danger l’identité de la communauté en apportant le culte d’une religion nouvelle. Le roi Penthée le fait enfermer, il s’échappe, met le feu au palais et aux femmes sages de Thèbes avec ses Bacchantes, furies dépoitraillées. Fasciné, Penthée les observe caché dans un arbre, sa propre mère Agavé le tue par un égarement de sa raison. Elle en sera profondément affligée, mais le culte de Dionysos triomphe. Celui ci n’aura de cesse par la suite que de rendre folles les femmes, partout où il se rendra.

 

Théâtre d’images

Et quelles images!

On aurait tort de s’étonner qu’une compagnie ibère transpyrénéenne s’inspire de la Comédia del Arte transalpine: le théâtre d’aujourd’hui est universel, comme tous les arts vivants. Ils se sont constitué en collectif et en laboratoire, revisitant les codes et les canons. “Las Bacantas” est surtout un théâtre très engagé, tant physiquement que dans son siècle. Que les sages Thébaines et les folles Bacchantes soient jouées par les mêmes actrices n’en est que plus impressionnant, mais pas nécessairement étonnant.

Ode à la liberté, celle des femmes, vouées à un culte des plaisirs érigé contre la rigueur des traditions, cette pièce endiablée est un électrochoc esthétique et un manifeste. On ne peut s’empêcher de penser à ceux qui criaient “Viva la Muerte!” en assassinant la république Espagnole.

Magnifique!

 

C’est à 20h15, en alternance avec “Dead Hamlet” par la même troupe à l’énergie inépuisable.

Jean Barak

 

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