Les Déchargeurs en janvier

05/01/19 par  |  publié dans : A la une, Scènes, Théatre | Tags : , , , , , ,

Trois Passerelles entre Limoges et Paris aux Déchargeurs

En ce début d’année 2019 -déjà incertaine et chahutée- la collaboration entre le Théâtre de la Passerelle de Limoges et le Théâtre des déchargeurs se renforce.

Pourtant, la situation des associations sociales et culturelles comme celle des théâtres de création n’a jamais été aussi précaire : suppression des emplois aidés qui permettaient un premier accès (ou un retour) à l’emploi, tout en permettant au tissu social de se tenir, pour ne pas dire de ne pas se déchirer. Et en même temps, diminution drastique -voire suppression- des maigres subventions accordées par l’état aux « théâtres de proximité », ferments au quotidien de la vie culturelle. Nombre d’entre eux ont déjà disparu, en silence, le silence assourdissant de la culture.

Pour « Les déchargeurs », créé en 1979 par Vicky Messica, puis dirigé par Lee Fou Messica jusqu’en 2018, la situation est simple : sans aucune subvention, après trente neuf ans de créations exigeantes et d’équilibrisme, d’engagement passionné, la mort dans l’âme ils on dû se déclarer en faillite.

Pourtant le pire n’est jamais certain : leThéâtre « La Reine Blanche » dirigé par Elizabeth Bouchaud, comédienne et auteure, a pu assurer la survie des déchargeurs, qui devient « Les Déchargeurs La Reine Blanche ». La Direction artistique y est toujours assurée par Ludovic Michel.

Il y a parfois une véritable fraternité entre les saltimbanques : La Reine Blanche sera en Avignon cet été avec deux pièces créées au Théâtre de la Passerelle de Limoges par Michel Bruzat.

La boucle étant bouclée, l’année peut donc commencer avec les trois créations emblématiques de l’année 2018 au Théâtre de la Passerelle, trois pièces « seul en scène » qui soutiennent un propos engagé et exigeant.

« Ma chanson de Roland » par Ariane Dubillard, ode à son père Roland. Mise en pension chez ses grand-mères, l’une pauvre, athée, à la rigidité communiste, l’autre catholique, gaulliste et anarchiste, elle hérite de toute une palette pour peindre sa réalité multiple.

C’est tous les lundi, 7, 14, 21, 28 janvier et 4 février à 19h30, et du mardi au samedi, du 27 mai au 16 juin à 21h30.

Nathalie Royer

Du 8 janvier au 9 février, du mardi au samedi à 19h30, il y aura « Comme disait mon père, ma mère ne disait rien » de Jean Lambert-Wild, porté par Nathalie Royer.

La parole du père, puis celle du fils devant sa mère mutique, un torrent de mots pour habiter le silence.

Enfin « Les soliloques du pauvre », avec Pierre Yves le Louarn et Sébastien Debard au piano et à l’accordéon, du 8 janvier au 9 février, à 21h30, du mardi au samedi.

le tout sous la lumière de Franck Roncière, avec les costumes de Dolorès Bruzat.

Michel Bruzat est un défenseur obstiné de la culture, acteur, auteur, metteur en scène, fondateur du théâtre de la Passerelle de Limoges, sa ville. Une sorte de triangle des Bermudes culturel. Alors il « descend » en Avignon et « monte » à Paris, pour y soutenir les textes impossibles à monter et à mettre en scène, impossibles à jouer, qu’il présente avec un insolent succès public, qui cache un travail acharné. C’est qu’ils deviennent des spectacles nécessaires et flamboyants. Enseignant en théâtre il est un découvreur de talents, vénéré par ses jeunes élèves devenus grands. Pour chacun de ces textes improbables il invite un comédien ou une comédienne, il crée -ou recrée- pour elle ou lui un spectacle inédit, taillé sur mesure, et la magie opère.

Marie Thomas, éblouissante dans « Comment va le Monde ? » et « Ridiculum Vitae » continue de tourner.

Théâtre de la Passerelle de Limoges

C’est dire que, s’ils sont là, venu de leur province pour tout un mois, avec cette belle confiance qui leur est légitimement accordée, il faut aller les voir sans faute aux Déchargeurs. Après, il vous faudra aller jusqu’en Avignon. C’est bien aussi, mais caniculaire et seulement en juillet !

Jean Barak

Partager :
  • Facebook
  • Twitter
  • Print
  • email

Laisser un commentaire