Les prodiges du système Castafiore aux Salins

08/05/17 par  |  publié dans : A la une, Danse, Scènes | Tags : , , , , ,

Le système Castafiore

Le couple Barcellos Biscuit est bien connu dans notre Région, que ce soit à l’Olivier, aux Salins ou au Pavillon Noir, le public les a découvert avec grand plaisir et il a attendu leur retour.
Marcia Barcellos de Sao Paulo est chorégraphe, danseuse, elle est venue en France à 17 ans et a été retenue par Alwin Nicolaïs, intégrée au CNDC d’Angers en 1978. Puis elle s’installe à Paris et fonde le collectif Lolita, et enfin le Système Castafiore en 1989, avec Karl Biscuit. Ensemble ils créeront 19 spectacles. Karl Biscuit est compositeur et metteur en scène, il a collaboré avec Philippe Decouflé et Dominique Boivin, puis s’est formé à la chorégraphie auprès d’Alwin Nicolaïs où il a rencontré Marcia Barcellos.

 

Objets de scènes non identifiés

Comme ce qu’ils inventent ne ressemble à rien de déjà créé par personne d’autre, si on devait à tout prix trouver une comparaison, il faudrait évoquer le nouveau cirque qui s’émancipe de tous les codes pour bricoler de nouveaux objets intégrant tous les arts, du cirque, de la scène et d’ailleurs.
A l’évidence, ils s’amusent beaucoup, ces artistes sont resté de grands enfants, ils continuent à inventer des mondes imaginaires, et plus encore que de leur art, à vivre de leurs fantaisies, ce qu’ils revendiquent.

 

 

Ce dernier opus est comme toujours ambitieux, il s’agit rien moins que de réenchanter le monde. Au moins le leur, et le temps d’un spectacle, le notre. « On a remplacé la magie par l’image, et ce double inversé finit par nous priver d’imaginaire » affirment-ils. Ils se réapproprient donc les techniques de la vidéo pour créer des images féeriques, représentant des créatures chimériques immergés dans des univers géométriques ou poétiques, ou les deux. Les danseuses évoluent dans un tableau de Magritte ou dans un décors futuriste de jeu vidéo.

 

Licornes

Licornes ou élan au corps gynoïde, singes ou danseuse classique qui échappe à la pesanteur, c’est un dessin animé dont les actrices sont humaines.
Ajoutez le chant en direct de Camille Joutard et Maëva Depollier, Florence Ricaud la commentatrice en hologramme démesuré, et vous aurez une idée de la folie raisonnable de cette théorie des Prodiges, déclinés en onze tableaux, dont le cantique des quantiques, tout un programme !
Certes, les costumes et la technique brident un peu la danse qui se fait plus théâtralisée que virtuose, mais c’est la loi du genre Castafiore qui laisse une place de choix à la beauté plastique et aux images oniriques.

Un spectacle à dormir les yeux grand ouverts.

Jean Barak

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