L’univers numérique d’Hiroaki Umeda

18/11/18 par  |  publié dans : A la une, Danse, Scènes | Tags : , , , , ,

 

En partenariat avec le Festival des Arts numériques, le Ballet Preljocaj présentait une performance hallucinante et hallucinée de Hiroaki Umeda: “Médian”.

La violence du son, efficacement compensée par des bouchons d’oreilles généreusement offerts à l’entrée, ce qui constitue un véritable progrès en attendant un réglage respectueux des oreilles internes, un univers virtuel déroutant, épileptiques s’abstenir, un danseur d’exception, même les réfractaires à l’art comptant-pour-rien ont pu y trouver matière à réflexion.

Au tout début, dans le noir, habillé de sombre, il se tient au centre de la scène, seule une de ses mains danse.

Puis deux, puis peu à peu, tout le corps.

Il y a dans son immobilité de pierre quelque chose de fascinant. Les Japonais savent encore et toujours nous surprendre, même si depuis 1543, ce n’est plus vraiment nouveaux.

S’il fallait trouver absolument une correspondance à sa danse, ce serait une sorte de robotique japonaise qui évolue progressivement vers le waving, mais son orientalisme radical en fait un style à part, sans comparaison possible qui fasse raison.

Sans doute est-il utile de lire préalablement le mode d’emploi: “basé sur des données recueillies à partir de structures moléculaires et de leur énergie cinétique”…”c’est ainsi que la danse peut faire le premier pas vers la dissolution du corps dans l’espace”…

Faute de quoi vous risqueriez de ne voir que la virtuosité d’un graphiste informatique et ses projections sur un danseur d’exception, quand il ne s’absente pas.

A découvrir, ne serait-ce que par curiosité, il sera de toute façon de plus en plus difficile d’échapper aux “arts” numériques. Ou plutôt pour l’extraordinaire performance du Maître Umeda.

Bluffant!

Jean Barak

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