“Marciel l’enchanteur”: cinéma-théâtre belge au Toursky

26/01/15 par  |  publié dans : Scènes, Théatre | Tags : , , , ,

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Qui ne s’est jamais surpris à discuter dans sa cuisine avec le journaliste d’une émission de radio, à apostropher ou contredire le présentateur du journal télévisé ? Voire et même à hurler des consignes à un joueur de football pendant la retransmission d’un match ? Certes, on sait qu’il n’en a cure, qu’il ne nous entend pas, mais ça fait du bien.
Dans son film La rose pourpre du Caire (1985), Woody Allen passait de l’écran à la vraie vie, effet Pygmalion oblige, par amour, le personnage virtuel devenait réel. Mais c’était toujours du cinéma, et une mise en abime du cinéma dans le cinéma.
Marc Hollogne fait un pas de plus avec son spectacle “Marciel l’Enchanteur et l’Huissier saisissant” : en inventant le « Cinéma Théâtre », présent en personne devant vous, il introduit le réel dans le virtuel, et réciproquement.
Il est seul en scène mais par la magie du cinéma il se dédouble, se démultiplie, passe de la scène à l’écran et de l’écran à la scène, dialogue avec les acteurs, fait irruption dans leur film, transforme un film muet en noir et blanc en film parlant en couleur, passe d’un étage à l’autre, grandit et rétrécit. A moins que ce ne soit l’image projetée qui change d’échelle.

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On se dit bien qu’il y a un truc mais on n’en a cure, on se laisse illusionner par pur plaisir.
C’est un spectacle foisonnant, mené tambour battant, à la fois du théâtre, du cinéma et un tour de chant, mais pas nécessairement dans cet ordre.
Il y a une histoire, celle d’un huissier de cinéma qui vient saisir les derniers biens du comédien, dans une grange sur scène. Il discutera pied à pied, jouera pour lui des extraits de ses spectacles précédents, dans l’espoir de le convaincre de surseoir.
Le chanteur Marc Hollogne cultive sa belgitude: il chante à s’y méprendre avec la voix de Brel, mais sur ses propres textes: après « Ne me quitte pas » du grand Jacques il chante la suite: « Vivre sans toi ». Il pousse parfois jusqu’à la caricature, il suffit de forcer un peu l’accent, mais il ne l’imite pas, il l’incarne.
Jubilatoire.

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Au Théâtre Toursky jusqu’au 8 février

 

Photos de Jean Barak. Voir aussi : http://www.jean-barak.fr

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