Quichotte d’Isabelle Starkier, heureux les fêlés !

20/12/11 par  |  publié dans : Scènes, Théatre | Tags : ,

Quichotte, ou l’œuvre culte de Cervantès, Don Quichotte de la Mancha, adapté au théâtre pour les petits et les grands… Vaste projet, mis en scène avec beaucoup d’inventivité par Isabelle Starkier, et interprété brillamment par la comédienne Eva Castro, seule en scène, à Paris au Théâtre de l’Opprimé (où nous l’avons vu) et au Théâtre Mouffetard.

La bonne nouvelle de cette mise en scène est qu’elle fait appel à notre imaginaire, comme Don Quichotte fait en permanence appel au sien. Lorsqu’il croise sur sa route des moulins, ce sont pour lui des géants, et lorsqu’il entre dans une auberge, elle se transforme en château. Isabelle Starkier invite à faire de même, suggérant le tout par des jeux de lumières, d’ombres et de matières. Au spectateur de faire travailler son imagination.

La comédienne aide beaucoup dans ce travail. Elle jongle entre les déguisements, les marionnettes, et autres accessoires scéniques mis à sa disposition, pour faire croire à une foule de personnages aussi différents que Don Quichotte, son fidèle écuyer Sancho, la Duchesse, ou un panel d’anonymes venus réclamer justice. Elle excelle dans l’interprétation multiple, et crée une véritable interaction avec ses marionnettes. Tout prend vie grâce à elle. On en vient presque à regretter les dialogues trop nombreux, préférant la magie des images, tant elle parle d’elle même.

Isabelle Starkier axe sa mise en scène autour de trois thèmes : « l’apprentissage de l’échec, l’humiliation, et la sagesse des fous ». Autant de sujets de réflexion qu’il est nécessaire d’apprendre aux enfants, et indispensable de rappeler aux parents ! L’imagination doit fonctionner encore et toujours, même après l’âge de raison, et ce n’est pas une tare que d’y avoir recourt, au contraire. Comme disait Michel Audiard, « heureux les fêlés, car ils laisseront passer la lumière ». C’est un peu le message de cette pièce, auquel elle ajoute qu’il faut s’accepter tel que l’on est. Les derniers mots de Don Quichotte étant « je suis tel que je suis ».

La pièce ravira donc petits et les grands par sa mise en scène inventive, sa comédienne étonnante, son message universel. Le tout dans un – ou deux – théâtre(s) parisien(s) qui nécessite(nt) le soutien de son/leur public.

QUICHOTTE d’Isabelle Starkier
Au Théâtre de l’Opprimé jusqu’au 23 décembre 2011.
Au Théâtre Mouffetard jusqu’au 7 janvier 2012.

Partager :
  • Facebook
  • Twitter
  • Print
  • email

Laisser un commentaire