Rencontre avec David Coria

17/06/19 par  |  publié dans : A la une, Danse, Scènes | Tags : , , , ,

“El Encuentro”, entre le flamenco puro et la modernité au Théâtre de l’Olivier

Florencia Oryan y Paula Comitre

Le flamenco puro est à la peine, ses étoiles flirtent avec la danse moderne, voire contemporaine. C’est inéluctable: le flamenco est un art vivant, pas une danse de musée. Il ne peut échapper au temps, et comme tout langage, il évolue ou il meurt. Parfois il déchaîne la colère, on se souvient de la bronca soulevée chaque soir par Israël Galvan, dans la cour d’honneur du Palais des Papes, mais également de la fascination qui accompagne chaque nouvelle audace de Rocio Molina qui repousse au delà du concevable les limites du genre, “comme un oiseau de nuit recherche la liberté dans sa cage”.

David Coria

Ce n’est pas à la portée du premier venu, improviser, innover suppose une maîtrise parfaite de son art. A chaque essai on s’expose à l’erreur, créer de la danse contemporaine ou moderne à partir de la plus pure tradition aux codes rigoureux est un paradoxe en soi. Ainsi, le comble de la provocation érotique pour une gitane est de montrer ses chevilles, voire ses jambes, assortie d’un regard assassin. Quand les danseuses de “El Encuentro” dévoilent leurs collants, ça rate. “Essayer. Rater. Essayer. Rater encore. Rater mieux”. Ce n’est pas l’essentiel, surtout quand l’excellence transcende chacun.

Ana Morales David Coria

Passé par le conservatoire de Séville et le Ballet National d’Espagne, David Coria brûle les planches, accompagné par la fougueuse et inventive Ana Morales, ancienne soliste du Ballet Flamenco de Andalucia, devenue seule maîtresse de son destin. Ils sont entourés de huit autres jeunes interprètes, Florencia Oryan, Paula Comitre, Rafael Ramirez à la danse, Antonio Campos, Miguel Angel Soto, chanteurs, Jésus Torres y Jose Luis Medina à la guitare, Antonio Campas y Daniel Suarez aux percussions.

El Encuentro

L’humour n’est pas absent, avec l’intervention incongrue, toute brechtienne d’un technicien qui gère les accessoires sur scène et surligne un tableau, pour le cas où on n’aurait pas saisi qu’un voile blanc sur la tête de la danseuse symbolise la novia, ou un final des “années folles”, décalant l’époque à rebours. Mais c’est à la marge, tout le flamenco est là dans ses codes et la représentation de la culture éternelle des gitans nomades et de leurs ibères héritiers.

Un pur moment d’aficion.

Jean Barak

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