Taiwan en Avignon avec le Tjimur Dance Theatre

24/07/18 par  |  publié dans : A la une, Danse, Festival, Scènes | Tags : , , , , , ,

En 2017 à la Condition des Soies, le Tjimur Dance Theatre avait joué “As four steps” à guichet fermé.

Ils reviennent en 2018 avec “Varhung-Heart to heart”, un spectacle de danse contemporaine également ancré dans la culture Païwan.

La danse traditionnelle est généralement lancinante et répétitive, fascinante dans son milieu naturel, c’est à dire culturel, mais difficilement transportable.

L’écriture contemporaine permet à la fois de la rendre accessible au reste de la planète et d’en restituer l’essence, sans la dénaturer. Vous ne saurez pas ce qui est de l’un ou de l’autre tant ça procède des deux.

 

La danse et la musique sont telluriques, les danseurs chantent et jouent leur propre rôle dans leurs cérémonies rituelles, nous sommes plongés au cœur des civilisations premières, au plus près de la nature, ici ou là préservée pour quelques années encore. Elle remue en chacun de nous les émotions archaïques, celles de la prime enfance, avant que la civilisation nous modèle.

 

 

Le divin et le sacré, la terre, les saisons, les cycles de la vie, les rapports entre hommes et femmes, la séduction, la jalousie, l’amour et ses transports, la frustration de ne pas ou plus être l’élu, c’est la loi de l’humain. Certes, il y a des exceptions, des protestations et des refus, mais si nous sommes là, primates supérieurs ou cousins au cœur de la nature, c’est bien parce que la femme et l’homme, pour un temps, se cherchent et se rencontrent. Fruits de l’amour et du désir, ou de la convoitise et du rapt, cahin caha la vie toujours recommence. C’est, sommes toutes, toujours ce que nous content les rituels et l’art vivant, du pariétal jusqu’au contemporain. C’est juste la manière de dire qui change, beaucoup, mais en fait si peu.

 

“Heart to heart” ressemble à “As four steps” comme une danse ethnique Païwan ressemble à une autre, et ne lui ressemble pas. C’est un voyage d’une heure aux antipodes, il ne faut surtout pas s’en priver!

Cathartique…

Plus que cinq jours, avant l’année prochaine.

Photos et commentaires Jean Barak

 

Direction générale et artistique Ljuzem Madiljin, à droite, chorégraphie Baru Madijlin, devant la Condition des Soies

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