Rufus Martin, Et hop! Les guerisseurs

30/07/18 par  |  publié dans : A la une, Festival, Théatre | Tags : , , , ,

C’est au Théâtre du Balcon à Avignon que Rufus et Richard Martin ont joué “Et Hop! Les guérisseurs”, fantaisie loufoque écrite par Rufus lui même.

Ce sont de vieux complices, Rufus est un habitué du Théâtre Toursky.

Entre un psychiatre illuminé, le Docteur Lebeurlard, et un tueur à gage qui souffre de maux d’estomac quand il doit faire son métier, Jean Dube, la rencontre est pour le moins problématique. Quoique, Sandor Ferenczi, disciple de Freud, pratiquait comme Rufus l’alternance sur le divan, sa patiente puis lui, analysait une mère et sa fille avec lesquelles il avait une double liaison, il promettait le mariage à la fille, dès qu’elle aurait terminé son analyse. Freud en a tiré quelques règles de base comme autant de tabous, qui ont toujours cours, sauf accident… Jung était mystique et vantait l’élévation de l’inconscient aryen en regard de celui, vil et libidineux, de l’inconscient juif… Lacan faisait payer des sommes exorbitantes aux clients aisés pour des séances de dix minutes…Le monde des psychiatres et psychanalystes se prêtent à toutes les fantaisies, il ne manque pas de caricatures en exercice. “Entre un interne et un  interné, il n’y a que l’écart d’un accent aigu” dit-on en psychiatrie.

 

Rufus est conteur, acteur, auteur et mime, son visage est incroyablement figé, ou soudain mobile, stuporeux ou grimaçant, il invoque l’oiseau du tueur pour qu’il lui rende sa légèreté, entre autres fantaisies.

Richard Martin, acteur, metteur en scène, fondateur du Théâtre Toursky est suppliant, autoritaire, coléreux, roublard, menaçant, il exige d’être guéri immédiatement, sans passer des années sur un divan. Il est prêt à payer le prix et menace le médecin de s’en prendre à sa famille -dont il a étudié tous les déplacements en bon professionnel- puis de le tuer lui même si il ne le guérit pas séance tenante. Il l’a choisi parce qu’on dit de lui qu’il est le meilleur.

Alors, qu’il le prouve.

 

Bien Evidemment on pense à Mafia Blues de Harold Ramis, dans laquel Sobel le psychiatre blasé est en proie à Paul Vitti, gangster mafieux hypocondriaque,  incarné par Robert De Niro, mais la comparaison s’arrête là.

On rit, beaucoup, c’est un conte philosophique et fantastique plus qu’une comédie, le prétexte à se  jouer des mots et de la langue, un formidable duo d’acteurs, jubilatoire  et parfaitement rodé.

 

Une sorte de fantaisie poétique, traversée par le fantasme de “la Coloc”, le tueur ne s’est jamais remis de son désamour, il en ressent une douleur et une colère universelle. Les deux acteurs prennent un plaisir évident à jouer les allumés, un doux dingue et un furieux, le plaisir est partagé par le public embarqué dans leurs incessants dérapages et coups de théâtre, c’est l’endroit idoine pour. On peut parier sans risque que cette pièce va tourner, peut être par chez vous. A voir si vous l’avez ratée en Avignon, ou à revoir pour en déguster les subtilités!

Jean Barak

Avec Richard Martin, Rufus, Zoé Marcy, direction d’acteurs Lorraine Levy

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