Un comédien sous Haute Surveillance

02/02/09 par  |  publié dans : Scènes, Théatre | Tags : ,

Thomas Baelde vient de Nieppe dans le Nord. Sa compagnie àcorps-ouvert, née en 2003 est en représentation depuis le 24 janvier pour la pièce Haute Surveillance de Jean Genet. Rencontre !

Peux-tu me résumer l’histoire de Haute Surveillance en quelques mots ? Comment qualifierais-tu cette pièce de Genet ?

Il s’agit de trois prisonniers dans une cellule. L’un d’eux, condamné à mort pour meurtre, suscite les passions et attire les convoitises. Dans un monde où s’inversent dès lors toutes les valeurs (bien/mal, honte/gloire, beauté/laideur…), une cérémonie criminelle offerte au regard des surveillants va se jouer et se rejouer, immobilisée entre rêve et réalité.

C’est une pièce que Genet a réécrite plus de 10 fois ! Donc c’est une pièce très épurée, vidée de toute inutilité.

Comment avez-vous rendu l’atmosphère de la prison sur scène ?

La scène est un grand disque de 6 mètres de diamètre avec des barreaux de plus en plus grands tout autour. Le premier fait 5 cm le dernier 5.50 m ! Par ailleurs, la scène est aussi un plan incliné pour représenter à la fois l’arène, la scène d’exposition etc…

Quel est le parti pris de la mise en scène ?
Le parti pris est de faire entendre chaque mot, de faire entendre la poésie de Genet, d’essayer de faire transparaître le sous-texte de chaque phrase grâce à la mise en scène, le jeu etc…

En quoi cela diffère-t-il des mises en scène antérieures ? Où se situe votre originalité à ton avis ?
Je sais pas, je ne fais pas de comparaison. Je pense que chaque personne qui monte un projet veut raconter quelque chose de différent.

Les recommandations de Genet pour la mise en scène sont souvent précises et contraignantes. Est-ce le cas dans Haute Surveillance ? Comment vous y êtes vous adapté ?
Genet voulait que Haute surveillance soit jouée dans un décor réaliste, une vraie cellule en fait. Avec une lumière très forte mais nous avons décidé de ne pas tenir compte de cela, car l’idée du cercle nous semblait très importante.

Comment ça ?
L’écriture de la pièce est circulaire : le monologue du début revient à la fin et puis les prisonniers se tournent sans cesse autour, ils se cherchent…

Comment s’est passée la première représentation ?
Très très bien ! Salle comble, public visiblement content d’avoir découvert ce texte… Et puis sur le plateau… grande jouissance d’offrir ce très beau texte à entendre et à jouer ! Un bonheur partagé !

Avez-vous prévu des modifications pour les prochaines représentations ?
On n’a pas prévu de modifications pour la suite. Nous sommes satisfaits de notre travail !

Comment est née ta compagnie ? Son nom signifie-t-il que vous mettez la priorité sur le langage du corps ?
J’ai créé la compagnie en 2003 et j’ai été rejoint en 2005 par Franck Andrieux. Haute Surveillance est la troisième création de la compagnie ; avant il y a eu Il suffit de, d’après Ma Forêt Fantôme d’Edenis Lachaud et Hyènes de Christian Simeon.
La compagnie travaille sur des textes forts, des écritures puissantes et pour nous,la présence du corps meurtri, charnel, sexuel, est très importante aussi.
Et oui, àcorps-ouvert signifie le corps en exposition, bien sûr, le corps et son expression sont primordiaux dans notre jeu.

Quel a été ton parcours ?
Mon parcours est autodidacte, j’avais envie et besoin de créer donc tu bosses pour ne pas tomber. Les difficultés sont réelles mais quand on aime, on continue comme je le disais c’est un besoin. Je ne sais pas faire grand chose d’autres que créer…

Quels sont tes projets en ce moment ?
J’organise divers ateliers avec des SDF, des étudiants de Lille 3 autour de Koltes…
La compagnie fait également des recherches avec un comédien de la compagnie Oiseau Mouche, seule compagnie française de comédiens pro handicapés,autour d’une prochaine création.

Un dernier mot pour les lecteurs d’Envrak ?
Lisez Genet ! c’est un auteur fabuleux !

La compagnie àcorps-ouvert se produit les lundi 2, mardi 3 et jeudi 5 février 2009 à 20H30 au Théâtre de l’Oiseau-Mouche à Roubaix.

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1 commentaire

    galde  | 13/04/14 à 9 h 22 min

  • sous “haute surveillance” devrait être son père Luc !!!!

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