“Un printemps dans les Etoiles” à La Seyne-sur-Mer

04/05/15 par  |  publié dans : Scènes | Tags : , ,

XY

Intempéries

Au fil du temps « Janvier dans les Étoiles » était passé en février, puis cette année 2015 en Avril, et peut-être l’année prochaine en Mai: les spectacles en extérieurs sont sensibles au vent, au froid et à la pluie. Le Festival de cirque de La Seyne-sur-Mer est passé entre les gouttes cette année (du vendredi 24 avril au dimanche 3 mai), sauf la Compagnie Smart samedi matin. La pluie était au rendez-vous, mais ils ont réussi la session de rattrapage du dimanche matin avec « Attention à ma Peau », sur la Place Perrin, en plein centre ville.
Deux aériennes et un saxophoniste à la recherche de la beauté, sur un praticable qui leur ouvre la troisième dimension: la verticalité. Une acrobate qui joue de l’accordéon la tête en bas, une corde à tout faire, attacher se balancer ou grimper, un humour subtil et un univers poétique, une « petite forme » mobile et autonome pour début de saison culturelle acrobatique.

 

Aérien

Associant fil et trampoline, Damien Droin de la Compagnie Hors Surface invite au voyage sur un texte de Rimbaud. « Est-ce que c’est facile? » demande un enfant après la représentation, tant ça en a l’air, ce qui est le summum de l’élégance pour une discipline qui demande autant de travail et de persévérance. Comme en apesanteur, Damien, l’enfant du Pays, revient sur ses terres d’origine avec une grâce aérienne.

Un vieux couple

« Apesar » de la Compagnie Sôlta se produisant sous chapiteau, leurs deux représentations ne craignaient pas les effets du temps. Un jeune couple, lui est français, elle est brésilienne, ils se projettent dans un avenir hors du temps, une fiction de couple éternel. Ils jonglent, réalisent des acrobaties au sol et au mât pendulaire, dansent et prennent un plaisir fou à partager leur rêve avec un public conquis. L’avenir dira si leur pari tiendra, l’éternité c’est long, surtout vers la fin.
En attendant, leur spectacle lui, tient très bien.
C’est drôle, beau et frais, dynamique et inventif.

Collectif

Nombre de ceux qui ont tenté l’aventure du collectif ont fait l’expérience de la horde primitive, avec anthropophagie métaphorique. Sans sa cage institutionnelle, l’humain est un fauve bavard.
Le collectif XY réussit le pari impossible de la démocratie directe, une sorte de communisme qu’on dit primitif, mais qui est très évolué.
Tout se discute, il n’y a pas de vote ni de consensus obligatoire, mais toutes les décisions se prennent ensemble. Ils ont « décidé de s’entendre », ce qui est encore plus difficile que de « faire trois colonnes à cinq », parce que « seul on va plus vite, mais ensemble on va plus loin ».
« Le spectacle n’est pas l’essentiel, ce qui importe, c’est ce qu’on vit ensemble » confie Abdel, fondateur du groupe.
Ce serait certes exceptionnel mais anecdotique, si leur spectacle n’était lui même exceptionnel.
Vingt deux acrobates sur scène dans un désordre hallucinant, savamment orchestré comme une bagarre de chiffonniers. Puis tout s’organise et c’est un feu d’artifice, ils et elles volent de tous côtés, en apesanteur, forment des édifices complexes ou vertigineux, tentent ratent et recommencent jusqu’à la belle forme. Leur humour est communicatif, le fou rire des enfants gagne la salle, comble jusqu’au dernier strapontin. Une « Standing ovation » les salue pour finir ce dernier jour du dernier week-end d’avril. C’est sans doute le spectacle de cirque le plus inventif qu’on ait vu depuis longtemps, le plus beau et porteur de sens, authentique comme leur aventure.

Photos Jean Barak

Partager :
  • Facebook
  • Twitter
  • Print
  • email

Laisser un commentaire