PIFFF2014 : Starry Eyes

23/11/14 par  |  publié dans : Cinéma | Tags : , ,

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Malgré une journée très chargée ce samedi (deux films en compétition, deux programmations de courts-métrages, une nuit “Invasion extraterrestre”), on a vu un seul long et -pas de chance- sûrement pas le meilleur de la journée. Pour autant, on avait une bonne raison de faire le PIFFF buissonnière : une virée à Metaluna Store pour découvrir les deux nouveaux livres de Jean-Pierre Putters, qu’on se chargera de chroniquer après en avoir entamé la lecture dans le TGV du retour.

Starry Eyes : Rien que pour vos cheveux

Nous voilà bien embêtés. Une page pleine pour parler de Starry Eyes, notre seul film de la journée, c’est beaucoup trop. On vous prévient donc d’emblée : à la fin de cette critique, vous pourrez lire une bonne blague de Toto (faut bien qu’on trouve un truc pour combler).

Sarah, aspirante comédienne qui rêve de gloire mais végète dans un restaurant spécialisé dans la patate, décroche une audition pour obtenir le rôle principal d’un film d’horreur. Face à elle, les deux directeurs de casting lui demandent de s’arracher les cheveux, de baver par terre et de se mettre à poil dans le noir, sans qu’elle trouve à y redire. Un peu plus tard, elle rencontre le producteur du film, un vieux pervers qui exige de la jeune femme qu’elle s’allonge sur sa braguette pour décrocher le rôle qui fera d’elle une star mondiale. Elle refuse. Puis elle regrette. Et nous avec. Car la fellation que Sarah consent finalement à offrir au producteur marque le début d’une descente aux enfers qui lentement mais sûrement, fait basculer le film dans les tréfonds du n’importe quoi.

Prétendant s’inspirer de la nouvelle vague du cinéma d’horreur français (sans doute pour la secte de grands bourgeois siphonnés assez proches de ceux de Martyrs, de Pascal Laugier. A part ça, on ne voit pas trop), les deux réalisateurs Kevin Kölsch et Dennis Widmyer finissent par fournir du sous Zulawski (la femme qui bave par terre, remember Possession avec Adjani), du sous Black Swan (la ballerine qui veut obtenir le premier rôle dans un ballet prestigieux et qui finit par y laisser des plumes -ou des cheveux- et un ongle), du sous Cronenberg (sur la même thématique -les démons d’Hollywood- le récent Maps to the Stars et sur le même mode -la détérioration physique- la Mouche, sont autrement plus… comment dire. Réussis), du sous Ti West (la frêle jeune femme confrontée à une secte dans The House of the Devil). Après l’illusion d’une première partie prometteuse et heureusement, une once d’application dans la caractérisation de l’héroïne (les personnages secondaires n’ont pas droit à un tel traitement de faveur, ils ne sont là que pour assurer le quota de meurtres violents), Starry Eyes multiplie les scènes hyper sanglantes visant à séduire une partie du public qui a payé son ticket pour voir du gore, à mesure que l’héroïne sacrifie tout pour atteindre l’objectif qu’elle s’est fixé. Jusqu’à une fin se voulant poétique et allégorique mais qui fait sombrer le film entier dans le ridicule.

Malgré toutes nos réticences, on témoigne notre respect éternel à l’actrice principale Alexandra Essoe, qu’on espère redécouvrir rapidement dans des productions un peu plus consistantes.

Alors :

Le professeur demande à Toto :  – Toto, voudrais-tu aller au tableau, nous montrer sur la carte géographique, où se situe l’Amérique?
Toto va, et pointe du doigt l’Amérique.
Maintenant que vous savez tous où se trouve l’Amérique, Pourriez-vous me dire qui l’a découverte ?
Toute la classe en chœur:  – C’est Toto !

 

Lire notre “report” de la journée précédente en cliquant ici.

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2 commentaires

    Quentin  | 23/11/14 à 04:24

  • Cette fin de chronique est tout simplement MAGIQUE !!!!! Subit le film pour cette blague ? Je regrette pas ;-)

  • site  | 11/12/14 à 17:45

  • Merci à toi pour le partage, je dit simplement bravo

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