[Festival de Gardanne] Bienvenue au “Tristesse Club”

28/10/14 par  |  publié dans : Cinéma | Tags : , , ,

tristesse club

Jour 11. C’est presque la fin. On est triste. On est donc allé voir Tristesse Club. *

Deux frères apprennent sans s’en émouvoir, le décès de leur père. Arrivés au crématorium, personne. Sauf une jeune femme, Chloé, qui dit être leur demi-sœur. Ensemble, ils vont tenter de percer le mystère de la “mort” du paternel, et aller de surprise en surprise.

Le club des 3

“Si vous aimez les jeux de pistes, les vieilles Porsche, les sœurs qui n’en sont pas, les pères pas vraiment morts, les lacs et leurs secrets: bienvenue au club” dixit l’accroche de Tristesse Club, sorti en juin dans l’indifférence publique générale** et la nôtre en particulier. On pourrait ajouter : si vous aimez les comédies intelligentes, le cinéma français des années 70, les lance-balles et les céréales molles, n’hésitez plus : ce film de Vincent Mariette est fait pour vous, hommes brisés par trop de mauvais diagnostics, grands timides à la maladresse maladive, femmes demi-sœurs demi-menteuses aux sous-vêtements mal assortis, pères absents et maîtresses foldingues. La première vraie et belle surprise de Tristesse Club est la série de choix formels mis en œuvre pour placer le film à la marge des comédies populaires “traditionnelles” : des cadrages à la photo, des intérieurs étranges à la musique (géniale) de Rob, tout concourt à inscrire le long-métrage dans un revival 70’s tendance Eric Rohmer, dont il adopte les cadres soigneusement composés et la photographie crépusculaire. Pour le reste, le jeu de piste dans lequel il plonge ses trois personnages induit la quasi impossibilité de situer le récit dans le temps et l’espace. Tant mieux. Il règne dans Tristesse Club une atmosphère désuète, vintage, au charme fou qui emprunte aussi pas mal à la douce-amertume des films de Wes Anderson.

Au coeur de ce récit qui multiplie plus volontiers les gags percutants et les dialogues concis plutôt que les conversations à rallonge et les atermoiements de rigueur, trois personnages qui pourraient frôler la caricature (le beauf bougonnant, le tendre dadais, l’ingénue mystérieuse) s’ils n’étaient pas aussi brillamment interprétés, en particulier par Laurent Lafitte et surtout Vincent Macaigne (renversant). Tous (dont aussi Noémie Lvosky, délicieusement à l’ouest) apportent leur propre grain de folie à ce film qui ne ressemble à aucun autre, drôle et mélancolique, hanté par le fantôme d’un homme qui a pris davantage soin de son chien que de ses enfants. Au delà de toutes nos attentes – puisqu’on n’en attendait rien – cette séance de rattrapage nous a comblé.

*On assume complètement cette intro foireuse.
** Moins de 50 000 entrées France.

A voir mardi 28 octobre (dernières projections)

14h : Still the Water / Pride
16h30 : Swim Little fish, swim / Géronimo
20h30 : Marie Heurtin (film en version sous-titrée accessible aux sourds et malentendants)

 

Notre article précédent sur le festival : Voyage en Inde, deuxième escale.

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