[#PIFFF 2015] Scream Girl : Un hommage trop sage aux slashers des années 80

18/11/15 par  |  publié dans : Cinéma | Tags : , , , ,

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Ils l’ont fait. En maintenant le festival malgré la paranoïa enracinée depuis quelques jours dans les rues de la capitale, l’équipe du PIFFF adresse un monumental doigt d’honneur à ceux pour qui l’horreur ne vaut d’être perpétrée qu’au-delà de l’écran – ceux pour qui la culture est une déviance et la contre-culture une avanie. Cette année, en plus du plaisir toujours intact à couvrir l’événement, soutenir le PIFFF sera aussi un acte de résistance collective. Cette fois, davantage encore que les précédentes, on aura envie de défendre ce cinéma fragile mais toujours debout. Défendre, aussi et surtout, le droit de célébrer les monstres quand ils se contentent de frapper notre imaginaire. Les autres sont priés de remballer leurs armes, leur ignorance et leur mépris : on les emmerde.

Scream Girl, de Todd Strauss-Schulson

Avant la projection du film d’ouverture, la coutume exige que les sponsors du festival s’accaparent notre temps de cerveau disponible à l’occasion de quelques spots à rallonge qui cette année pour la première fois, nous permettent d’admirer la splendeur kitsch des lieux. Le Grand Rex, c’est beau. C’est grand, aussi. Plus de 2500 places au compteur dans la salle 1 – il aurait fallu un miracle pour que tous les sièges soient occupés, mais l’affluence de ce premier soir, compte tenu des circonstances, est encourageante pour la suite. “On a pour ambition de faire du PIFFF le premier festival du cinéma fantastique en France, et même d’Europe!” lance Gérard Cohen, le président de l’événement, qui à cette occasion, recycle sa vanne foireuse de l’an dernier (“pour le PIFFF hip-hip-hif hourra!”) sous les applaudissements polis des spectateurs. Poli. C’est finalement l’adjectif qui semble le mieux coller au premier film de cette édition 2015, Scream Girl, au titre français aussi mensonger qu’opportuniste établissant une filiation avec le slasher de Wes Craven (Scream), auquel il n’emprunte pourtant pas grand-chose, sinon son côté méta. De façon évidente, c’est plutôt vers le cinéma d’horreur des années 80 que lorgne Scream Girl, ce que le synopsis assume clairement : une jeune fille se retrouve propulsée dans le film qui avait fait de sa mère (récemment décédée) une célébrité vingt ans en arrière, un ersatz de Vendredi 13 dont le boogeyman défiguré et revanchard décime quasi tout le casting. Un postulat laissant peu de doute quant aux intentions du réalisateur : brocarder les codes désuets du nanar eighties, en railler les postures caricaturales et ridiculiser les personnages récurrents – la bimbo bi-neuronnée, le sportif en rut, la vierge courageuse…

Le concept-même du film gigogne inspire à Todd Strauss-Schulson quelques savoureuses pirouettes : l’impossibilité pour l’héroïne de sortir du film tant que le méchant n’aura pas été supprimé, les personnages expérimentant littéralement ralentis et flash-backs, l’utilisation de notes musicales doublement intradiégétiques (les protagonistes sont capables d’entendre la musique annonçant l’arrivée du tueur non plus à l’écran mais dans l’écran) Pour autant, les longueurs en milieu de film et la pesante thématique du deuil impossible provoquent quelques ruptures de ton (et de rythme) embarrassantes. Au moins autant que l’absence de mises à mort violentes et d’héroïnes tout boobs dehors – un comble, pour un film célébrant une décennie aussi généreusement décomplexée. Au final, s’il réussit à moitié son hommage au slasher américain de la grande époque, Scream Girl parvient toutefois sans mal à s’inscrire pleinement dans la sienne : fun mais timoré, roublard mais pas crétin, inventif mais pas fanfaron, méta mais pas trop. Un film grand public, en somme, ce qui même pour le plus acharné des bisseux, peut ne pas être un gros mot. La façon la plus douce de débuter l’édition 2015 du PIFFF, qui risque de ne plus autant nous ménager dans les jours qui viennent.

Scream Girl (The Final girls), de Todd Strauss-Schulson, avec Taissa Farmiga, Malin Akerman, Adam DeVine, Nina Dobrev… Sortie en VOD le 18 novembre.


Scream Girl (2015) – Theatrical Trailer par pifff

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1 commentaire

    Quentin  | 19/11/15 à 12:45

  • Il a l’air cool ce film ^^

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