Strach- a fear song

12/02/20 par  |  publié dans : A la une, Cirque, Scènes | Tags : , , ,

Du nouveau cirque en miniature aux Élancées

C’est dans le cadre des Élancées de Scènes et Ciné que la petite troupe du belge Patrick Masset présentait ce spectacle atypique s’il en fut. Avec trois artistes issus de la prestigieuse compagnie « XY » (qui jouait dans le même temps au Théâtre de la Criée à Marseille) : une «fille » comme on dit, en alternance Airelle Caen et Alice Noël, et deux « garçons », Denis Dulon, tout en nerfs et finesse, et Guillaume Sendron, taillé comme un porte avion. Ajoutez un pianiste, Jean-Louis Cortès ou Yohann Dubois, et enfin une soprano, Julie Calbette au chant, qui se risque à jouer les acrobates sans dérailler d’une seule note. Il est rare de commencer par citer les artistes, souvent même on les oublie, comme il n’est pas fréquent que le public jaillisse comme un seul homme pour applaudir à tout rompre debout, comme un diable sauterait de sa boite.

C’est dire si ce « petit » spectacle dans un espace intime touche juste et fort, il est littéralement incarné par ses interprètes : ils le font chair. Imaginez la grande salle de spectacle du lycée théâtre de la Colonne, sièges escamotés, où aurait poussé un improbable chapiteau en forme de yourte, avec une scène minuscule. Dans cet espace réduit et une épaisse obscurité, une petite fille décide de devenir un cow-boy rouge comme sa mère, un de ceux qui défendent les indiens. Elle s’endort, le sommeil de sa conscience engendre des monstres, mais elle se bat et se débat pour les tenir en respect.

Voltige

Ce sont des voltigeurs, mais dans cet espace, la frontière entre le public et les artistes devient passoire, les spectateurs deviennent acteurs, le premier rang devient porteur, un quidam choisi au hasard réalise des acrobaties qu’il n’imaginait pas, au point qu’on se demande si c’est un compère, mais non. Les sauts périlleux atterrissent au ras de vos genoux, les colonnes à trois touchent le sommet de la toile.

Mais ce ne sont là que des éléments épars, alors que vous venez d’assister à un objet scénique inédit, au delà du métissage, une fusion totale entre poésie, chant lyrique, théâtre et cirque, porté par un engagement militant solidaire. Ça ne se raconte pas, il faut guetter le retour de cet événement que seul le spectacle vivant peut engendrer. Ils font le tour du pays et le tour du monde, mais c’est certain, ils reviendront.

Comme il se doit donc, une « standing ovation ».

Jean Barak

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