Une Horde sage au Théâtre des Salins

07/10/19 par  |  publié dans : A la une, Danse, Scènes

Avec “Marry Me in Bassiani” le collectif “La Horde” signe sa première pièce depuis sa récente nomination à la direction du Ballet National de Marseille.

Marry Me in Bassiani

Le propos du collectif est d’explorer ce qu’est devenue la danse après l’avènement d’internet, où tout peut se découvrir sur écran partout dans le monde, sans qu’il ne soit plus besoin ni de fréquenter les salles obscures, ni d’inviter des troupes du monde entier. Heureusement, ce n’est pas absolument incompatible. Une sorte de révolution démocratique, présumée rendre la culture en tube accessible à tous. Ainsi, la première création du collectif “To Da Bone” semble avoir convaincu les décideurs de “…donner un grand coup de pied à cette vieille institution qu’est le B.N.M.”. Place aux jeunes en quelque sorte.

Marry Me

C’est un mariage traditionnel en Géorgie. Mais comme c’est aujourd’hui, outre le cosaque et la mariée en blanc, les autres danseurs sont en habits contemporains, une danseuse filme la cérémonie tout du long avec son téléphone portable.


Bassiani

C’est manifestement un mariage arrangé, tout le monde est content sauf la promise dont on ne verra pas un sourire. Bassiani, un club de Tbilissi, symbolise la révolte de la jeunesse contre un pouvoir archaïque qui a prétendu le fermer, provoquant une rave party de dix mille personnes devant le parlement. Les révolutions se suivent et ne se ressemblent pas.

La prestigieuse troupe traditionnelle “Iveroni” menée par le maître de ballet Kakhaber Mohedlidze est impressionnante de virtuosité. Le public de Martigues était aux anges, lui qui pleure la disparition de son Festival international de Folklore, après 30 années de cette fièvre qui, chaque année, saisissait toute la ville. C’est un peu comme si, fugitivement, on le lui avait rendu. La chorégraphie contemporaine est timide, attendons de voir ce que cette horde bien sage saura faire avec les excellents danseurs et danseuses du Ballet National de Marseille.

Doit faire ses preuves à l’examen.

Jean Barak

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