Les ombres de Pascal Renard

05/05/17 par  |  publié dans : Arts, Expos, Peinture

 

C’est presque en haut de la rue du Docteur Escat, au 59, que Anton Zvir a ouvert le salon de tatouage Tatoo Art Club. Né à Minsk en Biélorussie, il a appris le tatouage auprès de Victor Minko, mais il dessine et il peint, il danse aussi, au Ballet National de Marseille. Son épouse Jénia l’a rejoint, elle même est peintre et tatoueuse.

Le salon n’est pas bien grand, ils y accueillent pourtant des expositions au rythme d’une tous les deux mois. Nous avons pu y découvrir des bijoux, des masques et des peintures. En l’occurrence ce sont les dessins, vidéos et peintures de Pascal Renard qui occupent l’espace. Nous éviterons les interprétations à trois sous trop tentantes, Mister Renard peint des hommes et des femmes portant des masques d’animaux, ou les questionnaires proustiens rebattus « Si tu étais un animal, lequel serais-tu? ». Quoiqu’il en soit, l’exposition « Ombres » est une évocation du mythe de la caverne de Platon, où des hommes enchaînés prennent leur ombre pour la réalité. Enseignant en art plastique à Hyères, il a longtemps été vidéaste, un dessin prototype de la vidéo a été la porte d’entrée d’une série des peintures de ses modèles, d’après photos. Homme à tête de lapin, homme à tête de nasique, femme grenouille ou hommes chevaux, le bestiaire est troublant. Est-ce un masque ou révèle-t-il le totem inconscient de chacun ? Les modèles ont eux même choisi leurs masques.

 

Dans l’esprit il s’agit de diptyques, un portrait avec masque et un sans, dans des poses naturelles ou convenues, mais la place manquait pour tout exposer. C’est « Hidden Heads », têtes cachées. Une autre série, « Pillage », est comme son nom l’indique inspirée de photos volées sur internet, puis reproduites sur toile, en entier ou en sélectionnant un détail.

Paradoxalement, à rebour de la tendance à la mode, Pascal Renard vient de l’art contemporain pour s’approcher du figuratif, s’éloigne du formel pour s ‘approcher du vital dans une exposition qui donne envie de découvrir le reste de ses œuvres.

Selon l’expression consacrée, « vaut le détour ».

Jean Barak

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