Voyage sur l’Ère du Tchier de Borée

01/11/08 par  |  publié dans : Arts | Tags :

L’air est vif, le climat intransigeant, le sol fertile, la montagne ardéchoise est une terre d’audace, de caractère. Il faut rouler de longues heures, sur des routes sinueuses pour s’enfoncer dans les charmes du village de Borée. Entouré des mystères de sa vierge noire, des forces profondes de l’oppidum de Soulages, Borée nourrit son visiteur, interpelle le promeneur. C’est ici que commence le voyage, la quête initiatique, la connaissance de soi et du reste du monde. Entre passé et présent, entre mythes, croyances, contes et fables d’aujourd’hui et d’autrefois ; 70 pierres sculptées se dressent sur un flanc des collines de Borée.

C’est à l’union du sculpteur Serge Boÿer et de son homologue Fabienne Versé que nous devons cette sculpture monumentale. Lui, né en 1945 à Lyon, originaire de Borée, est actuellement professeur de sculpture et de dessin aux beaux-arts d’Avignon (Vaucluse). Elle, née en 1961 à Bruxelles puise son inspiration dans différentes traditions. Tous deux ont déjà réalisé Le Belvédère de la Compas-Raison en 1997 à Lyon, puis Les Jardins des 9 Damoiselles à Vaison-la-Romaine (Vaucluse) en 2000, et enfin l’Ere du Tchier de Borée en 2008.

Sur la terre sauvage du mont Gerbier-de-jonc, en proie aux caprices de la nature, cette œuvre s’inscrit dans le mouvement spectaculaire et grandiose du Land Art. Refusant les conventions traditionnelles, l’art sous sa forme la plus classique, et l’accrochage au musée, le Land Art réinvente en quelques sortes l’art du paysage. En délogeant l’œuvre de la galerie, l’artiste donne à son ouvrage une dimension. Dans son milieu naturel, le matériau prend toute sa force ; son énergie reste profonde. Le duo Boÿer – Versé entretient ce rapport étroit avec cette forme d’art née à la toute fin des années 60 aux États-Unis. Le Tchier de Borée en est le digne héritier.

Si l’implantation de l’œuvre dans son milieu naturel reste le fondement de cette installation contemporaine, le travail de l’artiste, son intervention, le sens qu’il lui donne lui confèrent d’autres propriétés. Le hasard n’existe pas. Selon Serge Boÿer et Fabienne Versé l’enceinte circulaire, composée de 70 pierres sculptées, appelées anneaux de puissance, forme un calendrier monumental. Ce cercle alchimique est relié par son tracé à la marche des étoiles ; le zodiaque symbolise le centre conscient et vivant de l’essence universelle. En son centre sont reliées les 24 runes ; mode divinatoire germanique, aux 4 éléments, aux 8 directions, 8 vents et aux 4 fêtes de l’année celtique. C’est sur ce plan de construction que sont agencées les sculptures. Voyageant dans un réseau arithmétique et allégorique, découvrant des secrets ancestraux, le promeneur cherche les réponses. Si l’astrologie et les convictions d’autrefois donnent une direction, chacun trouve une interprétation qui lui est personnelle.

Pierre d’Abracadabra de Jacob

Chaque pierre est un message. Les éléments sont mythiques, lyriques, religieux, imaginaires, ou encore poétiques. Pierre de la demande en mariage d’Hacquelebec, pierre de l’île au fromage, pierre de Saint-Jacques, pierre du banc de magie, pierre de la pantoufle de Cendrillon, pierre du cocher qui pisse ; sont autant de références distinctes, de sources hétérogènes. Et c’est de façon naturelle que chacun s’oriente dans des directions différentes, à la recherche de la connaissance de l’Univers, mêlant à ses croyances propres un profond désir d’introspection. C’est dans ce foisonnement d’idées, au travers de cet entrelacs magique que se dégage la quête profonde du voyageur. Si la pierre à trinquer fait sourire, la pierre de l’égalité fait rêver. Alors que la pierre du souffle des runes intrigue, la pierre du jeune fou laisse songeur.

Le promeneur, le rôdeur, le voyageur, l’étranger, l’excursionniste, appelez-le comme vous voudrez, prend la route le plus souvent pour se trouver lui-même. C’est sur cette terre encore sauvage, quasiment dépeuplée d’une Ardèche encore indomptée que certains mystères sont élucidés. Le chemin parcouru n’est jamais regretté. Le voyage, la quête initiatique… On n’arrive jamais par hasard à Borée.
Le Land-Art sur Envrak

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11 commentaires

    miss.la.klass  | 05/03/10 à 17 h 52 min

  • ptin sa pete sa mere mdr’ tro bo

  • l'arlaten  | 15/11/10 à 14 h 01 min

  • Pour moi qui étudie les spirales du Mésolithique Saharien et ai poursuivi leur expension dans le monde jusqu’en terre de feu et australie , cette oeuvre s”apparente aux spirales de Nazca au Perou et à l’oeuvre des constructeurs de Troy town dans les îles Scilly

  • PIBOU  | 04/04/11 à 22 h 14 min

  • j’aime le chier de borée,j’aime les choses inatendus, surprenantes,les gens qui se lancent et qui reussissent j’aime borée j’aime mon pays

  • josycricri  | 27/11/11 à 23 h 29 min

  • Magnifique…et reposant!!
    J’habite en ardèche, et j’ai visité ce site deux fois avec toujours le même enthousiasme. Je m’interesse à la numérologie, la mythologie grèque, l’astrologie, les runes, et tous les mystères existant dans la vie.
    Quel bonheur de posséder ces merveilles près de chez nous et de savoir qu’un des sculteurs est lyonnais (la ville où j’ai vu le jour, en 1945)
    Je sais que j’y retournerai et que ce sera toujours comme si c’était la première fois. Un grand Merci.

  • Le-Stephanois  | 23/07/12 à 10 h 40 min

  • J’habite a saint etienne je suis venu le visité recemment je n’ai pas pu comprendre de quoi il s’agissait mais c’est tres beau et la nature de l’ardeche est tres belle

  • Lycsor  | 18/08/13 à 5 h 56 min

  • Merveilleux Travail.
    Merci.

  • L.G.  | 08/09/13 à 19 h 31 min

  • belles pierres travaillées mots traversés

  • Sevenier  | 11/07/15 à 15 h 30 min

  • Complètement anachronique dans ce magnifique paysage ! Le travail est remarquable mais l’ensemble est très fouillis et le mot art ne doit pas toujours servir à justifier n’importe quoi.

  • dona makian  | 11/07/15 à 15 h 38 min

  • j aurais aime une vierge sculptee avec le meme esprit que ces menhirs,sinon bravo pour ce travail geant.

  • Daniela  | 02/08/15 à 16 h 22 min

  • J’aimerais savoir qui a eu l’idée de sculpter les hexagrammes du yi king. Merci!

  • hervé  | 21/07/16 à 16 h 05 min

  • magnifique.Personne ne parle du yi jing or je pense que toutes les pierres sont gravés d hexagrammes soit 64.j ai déjà trouvé les axes NS et EO grace aux hexagrammes.J y retourne au plus tot.J attends la nouvelle lune pour pouvoir voir les etoiles.J y retourne aussi avec une boussole et un bouquin sur ji jing;

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