Améliorez vos photos

02/01/08 par  |  publié dans : Carnets, Tendances | Tags :

Vous vous sentez perdu(e) et incapable de faire de beaux clichés ? Pas de panique, tant que vous savez prendre une photo sans le capuchon de protection et sans mettre le doigt devant l’objectif, votre cas n’est pas désespéré !

« Faire des photographies c’est appuyer sur un bouton » ce n’est pas moi qui le dit, c’est Yann Artus Bertrand. Alors inutile de dire que vos photos ne peuvent pas être belles car vous n’avez pas « un bon matériel ». On a vu de grands photographes faire des merveilles avec un Polaroïd ! Une photo c’est un mélange savant d’observation, de composition, d’imagination et de technique, mais cela n’a rien de sorcier. Quelques éléments simples devraient vous permettre d’améliorer significativement vos photos. Allez … faites chauffer vos appareils.

Découvrez les possibilités de votre appareil :

Premier conseil, quittez le mode « tout automatique » (souvent noté par un carré vert sur le sélecteur) et utilisez les « modes dédiés ». Ils se chargeront de régler pour vous un certain nombre de paramètres selon le type de cliché prévu. Le mode portrait n’a pas la même problématique que le mode sport. Le premier cherchera à être bien éclairé en gardant un temps de pose un peu plus lent alors que le second alignera les paramètres pour privilégier la vitesse de la prise de vue.

Sur l’exemple ci–dessus on distingue les modes portrait (visage), paysage (montagne), macro (fleur), sport (coureur), portrait nuit et sans flash. Utiliser ces modes dédiés peut déjà apporter quelques améliorations. Les autres modes (P, Tv, Av, M et A-DEP) sont des modes semi ou totalement manuels que nous réservons à des utilisateurs plus chevronnés (c’est-à-dire vous-même d’ici peu).

En deux mots, quels sont ces paramètres ?

Traditionnellement en photo argentique, c’est-à-dire avec de la pellicule, on en distingue deux principaux : l’ouverture et le temps de pose. Il n’est pas possible de changer de film en cours d’utilisation. Il faut alors le choisir en espérant qu’il conviendra en toutes circonstances selon l’utilisation projettée. A l’ère du numérique, la donne a été modifiée car il est maintenant possible de changer les « ISO » entre deux photos.

L’ouverture: Pour laisser passer la lumière, l’obturateur (diaphragme) va s’ouvrir plus ou moins grand.

Le temps de pose: C’est le temps pendant lequel l’obturateur va rester ouvert et donc le temps pendant lequel le capteur (pour le numérique) ou la pellicule (pour l’argentique) recevra de la lumière.

Les «ISO»: En photo argentique, c’est la sensibilité de la pellicule. Transposé en numérique c’est un peu la même chose.

La combinaison de ces trois paramètres de base donne les conditions de la prise de vue.

Assez de technique ! Place à l’action !

Vous avez sûrement constaté que deux personnes qui photographient une même scène ne la retranscrivent pas du tout de la même façon. Chacun a sa sensibilité, sa vision et cela se répercute directement sur le cliché que vous faites. Mais au-delà de cette approche il y existe quelques règles de base qui peuvent vous permettre d’améliorer vos photos.

Lorsque vous souhaitez représenter une scène en mouvement il est important de laisser de l’espace pour que l’image puisse continuer « à avancer ». Exemple :

Sur cette image, le navire semble buter contre le bord de l’image. Il y a moyen de donner plus de mouvement à la scène en cadrant le chalutier plus à gauche.

Mais cette image n’est toujours pas satisfaisante car sa composition est trop « écrasée ». La mer représente une masse trop importante comparée au ciel. En modifiant le cadrage il est encore possible de changer la lisibilité du cliché. Une illustration valant mieux qu’un long discours, je vous laisse comparer les deux représentations ci-dessous.

Il s’agit du même cliché mais qui aurait été pris une première fois en « paysage » et la seconde fois en « portrait ». Reconnaissez que la différence est flagrante. La deuxième image respire et n’a pas ce côté « tassé » de la première.

Pourquoi une telle différence de rendu ? Parce que la composition s’est appuyée sur une règle simple de cadrage lorsque l’on photographie un paysage, celle des tiers. Un tiers de terre (ou ici de mer) pour deux tiers de ciel est souvent une bonne proportion. Mais attention, il est parfois intéressant de faire l’inverse si l’on veut justement donner une impression de paysage compact. Il n’y a de bonne règle qui ne se détourne.

Autre exemple de cadrage avec ces deux personnes assises face à la mer.

Pourquoi est-ce que l’image est lisible ? La règle des tiers n’est pourtant pas respectée : l’horizon coupe l’image au dessus de la moitié ! L’astuce est que les sujets sont placés sur l’un des points forts de l’image. Coupez l’image en trois parties égales en hauteur, faites la même chose sur la longueur. Vous avez quatre points où ces lignes se coupent. Ce sont vos points forts.

Contrairement à ce que beaucoup de gens pensent, il est rarement intéressant d’avoir un sujet très centré ! Laissez à vos images de l’espace.

Quels autres tuyaux pouvez-vous nous donner concernant le cadrage ?

Soignez vos arrières plans ! Que vaut un joli portrait si le fond de l’image est gâché par une poubelle inesthétique, par un passant qui regarde justement votre objectif ? Toutes ces petites choses qui font que l’image finale ne sera pas aussi claire que ce que vous souhaitez réaliser.

N’oubliez pas que notre œil est éduqué et qu’il lit le cliché qui lui est soumis comme il lirait une page de texte. Si vous butez sur un mot, le paragraphe devient plus confus. Si votre œil bute sur un détail secondaire de l’image, le sujet principal devient de la même façon confus.

Avant de déclencher, faites le tour de votre viseur avec votre œil. Pas d’élément indésirable au premier plan ? Pas d’arrière plan trop chargé ou déroutant ? Alors c’est bon, vous pouvez appuyer. Sinon, n’hésitez pas à vous déplacer de quelques centimètres à gauche ou à droite pour faire apparaître ou disparaître un détail. N’oubliez pas que si vous pouvez déplacer votre modèle, vous avez également le droit de vous déplacer vous-même.

Et par pitié, cessez de photographier les enfants depuis votre hauteur ! Descendez à la leur. L’appareil doit être à la hauteur de leurs yeux si vous ne voulez pas que la perspective les transforme tous en créatures à grosses têtes et petits pieds !

Quelle est l’influence de la source lumineuse ?

La lumière a son importance pour la qualité de vos photos. En lumière naturelle il est important de privilégier les premières et les dernières heures du jour. Tout particulièrement en été. Le soleil, lorsqu’il est à son zénith, donne une lumière qui écrase tout. Un paysage vallonné se détachera bien mieux avec une lumière plus rasante qui génèrera des ombres, qu’avec un soleil de plombs bien à la verticale de la scène.

Si vous souhaitez réaliser un portrait, retenez également ces heures là. Le soleil qui tombe donne des teintes plus chaudes qui sont nettement plus flatteuses qu’un brutal soleil d’été. Vous éviterez de plus les yeux plissés de vos modèles que vous aurez pris soin de placer face à la lumière pour éviter le contre-jour.

Et en intérieur ?

Là, ça se complique ! Le flash est une aide précieuse, mais c’est une arme à double tranchant. Combien de photos gâchées par les yeux rouges ? Combien d’autres par les vilaines ombres projetées sur les murs par les personnes photographiées ? Autant, si un cliché est réussi, il peut valoir le coup de rectifier les yeux rouges sur votre ordinateur, autant sur toutes les photos d’une soirée cela est laborieux et personne ne le fait vraiment.

Sur la majorité des appareils vous ne pourrez rien faire ! Le flash est situé à quelques centimètres de l’axe de l’objectif, son éclair heurte le fond de l’œil et revient droit dans la boite. La solution est de favoriser la lumière ambiante ou de faire que le flash diffuse mieux sa lumière et surtout de manière moins agressive. S’il est orientable, tournez le vers le plafond ou visez une surface claire à proximité de la personne photographiée.

Si la lumière est suffisante pour que vous n’ayez pas besoin du flash, vous pouvez améliorer le rendu des couleurs en modifiant la balance des blancs. Cette fonction est désactivée en mode « tout automatique ».

La balance des blancs ? Et en Français ça donne quoi ?

En Anglais déjà ça donne les initiales « W/B » pour white balance. Regardez si votre appareil vous propose de la modifier. Si oui, cela permet de corriger l’exposition en fonction de la lumière. Une ampoule à incandescence ne fournit pas la même lumière qu’un néon (on parle de température de couleur) et ça votre appareil peut en tenir compte s’il propose de régler la balance des blancs. Vous aurez alors des pictogrammes assez explicites. Vous noterez alors au passage que ce paramètre est aussi valable en extérieur. Un ciel dégagé n’a pas la même lumière qu’un ciel couvert.

On récapitule :

1. Choisissez dans votre appareil le programme approprié à la scène.
2. Aérez vos images ! Pensez à la règle des tiers.
3. Placez vos sujets sur les points forts.
4. Surveillez les arrières plans.
5. Évitez le soleil de midi. Préférez le matin et le soir.
6. En intérieur comme en extérieur, essayez de modifier la balance des blancs.

Si vous suivez ces quelques conseils, vous devriez déjà voir une amélioration de vos images. Elles vous donneront rapidement plus de satisfaction. Faites des tests, changez les paramètres, essayez des cadrages originaux mais surtout, essayez et essayez encore sans perdre de vue que cela reste un loisir. N’hésitez pas non plus à partager vos images, à les soumettre aux avis d’autres amateurs et à être critiques envers vos propres clichés.

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6 commentaires

    Nicolas M.  | 02/01/08 à 10 h 31 min

  • N’hésitez pas à nous poser ici vos questions ! :)

  • Dolly  | 02/01/08 à 13 h 32 min

  • Bvo monsieur le professeur !!

  • Marie  | 03/01/08 à 8 h 57 min

  • Hhhhaaannnn, quand on parle d’argentique c’est juste qu’il y a une pellicule… J’ai toujours cru qu’il y avait autre chose de plus complexe.

  • Nicolas M.  | 03/01/08 à 12 h 50 min

  • Marie – C’est, grosso modo, que la pellicule reçoit la lumière au lieu du capteur d’un appareil numérique. Quant au terme argentique il vient du mot … Argent ! C’est dingue non ? Je n’ai pas l’explication exact, mais je te trouve ça ! Histoire de ne pas mourrir idiot ! ;)

  • Nicolas M.  | 03/01/08 à 19 h 25 min

  • Bon, j’hésitais entre le support et le révélateur à base d’argent. A priori c’est bel et bien lié au support comme par exemple le daguerréotype. C’est un procédé photographique né dans les années 1830. La lumière captée exposait directement une plaque en argent poli. Aujourd’hui (ou hier diront certains) c’est encore lié au film.

    Wikipedia nous dit :

    “La pellicule est constituée d’un film support en plastique, recouvert d’une émulsion : c’est une couche de gélatine sur laquelle sont couchés en suspension des cristaux d’halogénure d’argent ; pour les émulsions modernes il s’agit de bromure d’argent (AgBr).”

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Argentique

  • Marie  | 05/01/08 à 15 h 23 min

  • Merci pour ces précisions, nous voilà moins bête maintenant.

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