Hold on Holden !

01/04/08 par  |  publié dans : Carnets | Tags :

Talentueuse plume d’Envrak depuis juillet 2007, Holden, alias Jeremy, est fondu de cinéma et… réfractaire aux portraits! Notre expert en Poker et en jeux vidéo a beau ne pas se prétendre metteur en scène, c’est bien lui qui a mené l’interview. Heureusement, il a fini par livrer son cœur, le réticent rédacteur.

Toi qui as déjà réalisé un court-métrage, dis nous, que souhaites-tu vraiment exercer comme métier?

C’est difficile à expliquer, j’ai envie d’être plein de choses… quand j’entends un mauvais discours politique j’ai envie de m’engager en politique, quand je monte dans le camion d’un routier j’ai envie d’être routier, quand je lis de bons articles j’ai envie d’être journaliste, quand je croise de jolis yeux j’ai envie de savoir ce qu’ils dissimulent… C’est peut-être pour ça que j’aime le cinéma, parce qu’il permet d’être plein de choses à la fois. Et comme Hitchcock le disait, le plus attirant c’est ce qui est caché. Le ciné permet de percer les secrets…

Amusant, tu nous dis qu’un mauvais discours te donne envie d’être politicien mais c’est un bon article qui te pousse à être journaliste.

Oui… faire mieux que le politicien et tenter de faire aussi bien que le bon journaliste. Ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas de bons hommes politiques, à droite comme à gauche !

Pour combler tes envies, tu pars donc sur le ciné mais au lieu d’être acteur et de te fondre dans la peau de tous les rôles, tu t’intéresses à l’autre côté de la camera. Pourquoi?

J’ai essayé d’être acteur, c’est l’enfer! Ma pudeur m’en empêche et je préfère projeter mes envies sur les comédiens, les manipuler, me servir d’eux pour travailler sur la démonstration, la beauté ou l’émotion. Et puis les feux de la rampe et les magazines people ne m’intéressent pas. Il faudrait prendre tous les lecteurs de ces torchons, les aligner un par un contre un mur et les fusiller!

Y compris nos mamans ?

Y compris toutes les mamans ! Bon, je blague à moitié, d’une part on peut lire “Voici” et être agrégé(e) de Philo, et de l’autre les étiquettes ne font du mal qu’à ceux qui les donnent. Mais ça n’excuse pas le geste – je trouve le fait de payer pour lire ça très violent.
J’ai vu en page d’accueil d’un célèbre moteur de recherche une photo de Britney Spears, alors qu’elle était emmenée pour être internée de force dans un service psy. Le photographe l’avait saisie de face et elle regardait droit vers l’objectif. Ce regard m’a submergé d’émotions, ça m’a sali et dégoûté, on a jeté ce cliché en pâture à tout le monde. Je trouve ça mesquin et voyeuriste. J’ai du mal à respecter les gens qui se repaissent de ces images !

Je te fais remarquer que les réalisateurs n’échappent pas vraiment aux projecteurs.

Si, quand même. On ne les reconnait pas dans la rue. Ils sont moins glamours que les acteurs et ce n’est pas eux qu’on met en avant dans les promos. On les laisse généralement tranquilles.

Finalement tu finis par l’avouer, metteur en scène c’est un peu ton rêve?

C’est compliqué ! J’ai réalisé un film en maîtrise, qui correspond aujourd’hui à la première année de Master, grâce à un prof qui avait une structure associative de production. Il m’a trouvé 15000 euros de budget et j’ai fait mon court-métrage. Une très bonne expérience qui m’a confronté aux réalités du métier et aux compétences qu’il fallait avoir pour mener à bien une équipe de trente personnes. Le problème, c’est que si je suis capable de diriger un film, je suis pas super calé en technique et il m’est difficile de faire valoir mes compétences sur un CV.
De plus, je porte certaines histoires en moi (j’en imagine tout plein) et j’ai des pièces de théâtre ou des livres qui me hantent. Mais je ne me vois pas me former sur le tas dans des pubs ou des projets qui ne me tiennent pas à cœur. Et comme je suis en province (ndlr: région PACA)… Bref, je fais absolument tout le contraire du parcours conseillé aux aspirants réalisateurs! J’essaie actuellement de développer un court avec un ami, producteur débutant, qui croit en mon projet.
Mais l’essentiel de ma vie se fait ailleurs, dans des petits boulots, le journalisme, et auprès de la femme (merveilleuse !) qui partage ma vie depuis maintenant 4 ans. Quoi d’autre ? Au poker, aussi, je suis tombé dans la…

…ET A ENVRAK BON SANG!

OUI ! LONG LIVE ENVRAK! Le challenge va être de réussir à rendre mes articles à temps et à en faire plus car le Webzine mérite notre investissement.

Même si tu n’as pas un grand bagage technique, tu saurais nous faire un gros plan sur ta vie ?

Mmmm je suis pas aussi nul que ça quand même ! Alors j’ai découvert récemment mon impulsivité, conjuguée à ma grande gueule, qui fait que je peux partir en croisade ou m’emporter sans que ce soit toujours justifié. Alors quand je me plante, je me prends des tôles, des murs, et ça fait très mal… car je suis aussi TRÈS sensible ! Je n’ai pas un caractère de bad boy, j’ai des remords après et je ne dors plus ! Mais bon, ça déstabilise les autres, ça les pousse à se remettre en question et la vie est plus sympa comme ça, plus… intense, dirais-je.

Je résume le bonhomme : impulsif, déstabilisant, sensible, touche à tout et indécis. Tu veux rajouter quelque chose?

Je sais pas, ça t’intéresse ?!! J’approche de la trentaine et je ne me sens pas aussi “complet” qu’on pourrait l’être. Mais je pense qu’il y a des gens qui se trouvent plus tard que les autres tout simplement. Et à l’ambition pragmatique j’oppose l’errance. L’errance au sens noble du roman d’apprentissage qui fait qu’on effectue parfois un long voyage avant de trouver sa place.
(ndlr : si ça ce n’est pas de l’introspection…!)

On arrive à la fin de cet entretien, tu aurais une anecdote à nous raconter pour terminer sur une note différente?

Dans le style “quelle est la chose la plus folle que tu aies faite”, à 22 ans j’ai fait 1500 km de stop allez retour pour aller voir mon amoureuse de l’époque, en Angleterre. Je l’ai fait plusieurs fois, c’était ma période rebelle. J’y ai vécu des tas d’histoires merveilleuses, je pense que ça a été fondateur dans mon rapport aux autres et à l’errance justement… Je suis monté avec des mecs bourrés, j’ai dormi avec des SDF sur les Champs ou à Sangatte, je me suis fait offrir des repas, j’ai partagé des clopes, des bouts de vies… j’ai fait du stop pendant bien 7 ans et si j’ai moins l’occasion de le pratiquer, je ne peux que rassurer les parents qui s’inquiéteraient à ce sujet : on ne rencontre pas plus de tarés qu’ailleurs et les richesses que cela apporte valent largement le détour.

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2 commentaires

    Dolly  | 01/04/08 à 20 h 05 min

  • Holden c l’artiste par excellence !! J’adore !!!

  • V-gas  | 28/07/09 à 5 h 16 min

  • Introspectif, autant qu’expectatif !
    Un bien beau personnage au devant d’une bien belle route … semblerait-il !

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