VBIFL : Merry Christmas !

22/12/11 par  |  publié dans : Carnets, Voyages | Tags : , ,

Noël en Virginie, c’est féérique. A peine la dernière part de dinde avalée, que les ampoules rouges et vertes poussent comme des champignons sur chaque maison. Des traineaux stationnent dans la moitié des jardins, le père-noël escalade la moitié des toits, la plage devient un terrain d’exposition de sculptures de lumières et la cannelle envahit la moindre parcelle d’air respirable (mais il paraît que ça aide à faire vendre). La consommation d’électricité du pays qui avait déjà sérieusement pris quelques poignées d’amour avec les décorations d’Halloween puis de Thanksgiving, explose littéralement en décembre. Aucune concurrence possible. Chacun passe un nombre d’heures incalculable à installer son M&Ms à chapeau rouge et blanc, aligner périlleusement les couronnes de sapin à ses fenêtres, couvrir sa façade de loupiotes parfaitement réparties ou encore calculer le meilleur angle pour orienter les rennes par rapport au traineau installé devant la maison. On ne compte pas ses heures et on ne lésine sur rien, surtout si le voisin tente de faire mieux que vous.

Noël en Virginie, c’est solidaire. L’orgie de décorations et la boulimie d’achats n’empêchent pas l’esprit de Noël d’être tout aussi présent. A cette époque de l’année les voisinages et congrégations se mobilisent pour faire du carolling (faire du porte à porte en chantant des chants de Noël) ou des tours de pick-up et récolter des conserves de nourriture ou des jouets à redistribuer aux familles les plus démunies du coin. Les écoles – ou un voisin qui a de la place dans son garage – se chargent de stocker la récolte. Les chauffeurs de school bus transportent les volontaires qui partent moissonner. Les enseignants, les commerçants et autres professionnels du contact avec le public lancent les appels à dons et à volontaires, nuits et jours, et les bénévoles répondent présents en nombre à chaque étape de la récolte / du tri / de la distribution. De la solidarité populaire à l’état pur. Dommage qu’elle ne soit qu’à durée déterminée et perde de sa carrure dès la venue des premiers jours de janvier (- ceci dit, j’ai le sentiment que chanter Petit papa Noël sur le trottoir en avril passerait vachement moins bien).

Noël en Virginie, c’est mélodieux. Justement, les chants de Noël, ça les connaît. Car un américain ne se contente pas de connaître juste les deux-trois premiers vers de deux-trois classiques type Vive le vent ou Mon beau sapin. Non non non ! Ici, on en connaît des dizaines et des dizaines, du premier au dernier mot. Il faut dire qu’on est aidé. En décembre, en scannant la FM, impossible de ne pas tomber sur un chant de Noël – que ce soit sur une station dédiée née pour la saison ou sur une station habituelle qui réserve une de ses plages horaires à ces chants pendant quelques semaines. En voiture ou sous la douche, impossible d’y échapper. Et contrairement à ce que l’on pourrait croire, ils ne tournent pas en rond dans leur programmation. Il existe au pays de l’oncle Sam un stock incroyable de chants de Noël. Et oui, car à peu près toute personne qui s’est dit, se dit, ou se dira chanteur, se devra impérativement reprendre à sa sauce un chant de noël si ce n’est y dédier un album complet (Bob Marley, Coldplay, Run DMC, Britney Spears, Hannah Montana pour n’en citer que quelques uns). Bref, des versions de Rudolph the red nose reindeer, il y en a à la pelle. Depuis mon premier Noël là-bas, j’ai renoncé à revenir en France fin décembre / début janvier : 8 heures d’avion avec Let it snow dans la tête, on le fait une fois, pas deux.

Noël en Virginie, c’est magique. Vous avez déjà rêvé d’un White Christmas ? Un Noël tout blanc parce qu’il aura neigé pendant la nuit précédant la course à travers la maison pour atteindre le pied du sapin ? Et bien ici, cela arrive régulièrement depuis quelques années, ou en tout cas depuis que je suis là-bas à cette époque de l’année (40 cm de neige en Virginie, mais on ne croit toujours pas au changement climatique, hein. Ou alors effectivement, il ne neige que pour honorer ma formidable présence – dans ce cas, ok, je ravale mon sarcasme). Et le jour de Noël, construire un bonhomme de neige et faire une bataille de boules de neige (avec un peu de sable quant on creuse trop sur la plage), à côté d’un montage lumineux représentant un père-noël qui s’envole, avant d’aller se caler devant le Wizard of Oz, un chocolat chaud avec des chamallows dedans à la main, ça fait juste pétiller les yeux.

Illustration © PA

Partager :
  • Facebook
  • Twitter
  • Print
  • email

Laisser un commentaire