The Homesman de Tommy Lee Jones – Sélection Officielle #Cannes2014

20/05/14 par  |  publié dans : Cinéma | Tags : , , , ,

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9 ans après Trois enterrements (doublement primé à Cannes en 2005), Tommy Lee Jones présente son nouveau western, The Homesman.

Qui a dit que les westerns ne mettaient en scène que des cow-boys ? Que la place de la femme y était reléguée à s’occuper des enfants ou à faire la belle dans les saloons ? L’acteur-réalisateur américain, du haut de ses 44 ans de carrière hollywoodienne, réalise ici un western profondément féministe. Tout commence avec trois femmes devenues folles, par les circonstances de la vie, mais surtout du fait de pressions sociales trop fortes, que l’on doit emmener en Iowa où elles seront prises en charge. Pas un homme de cette petite ville du Nebraska, n’aura le courage de s’occuper de cette mission. Plus poltrons qu’autre chose, ils ont tous de bonnes excuses et laissent Mary Bee Cuddy (Hilary Swank), une pionnière célibataire et autoritaire, mener le convoi. Mary n’est pas non plus épargnée par la société et l’époque dans laquelle elle vit. A la recherche presque désespérée d’un mari, elle n’hésite pas à faire elle-même sa demande… pour rentrer dans les bonnes cases, et parce que finalement, être à deux a ses avantages. Indépendante, autonome et forte tête, Cuddy n’est pas le genre de femme derrière laquelle les hommes se bousculent, surtout à cette époque.

The Homesman est un western comme on en voit peu. Profondément triste, teinté d’une folie qui rôde constamment au-dessus de la tête des personnages. Attendant patiemment le moment de frapper. Tommy Lee Jones trace des portraits de femmes d’une grande beauté, à l’image de leur souffrance. Il montre le mal porté à leur féminité par les hommes. Directement, crûment, sans artifice, il dévoile des scènes d’une grande dureté (physique ou psychologique) comme celle de l’infanticide. Pour souligner le tout, il se sert à satiété de la nature à l’aide de plans magnifiques sur une contrée encore sauvage et impitoyable. La cruauté se fait ressentir tout au long du récit, et l’attitude bourrue et parfois sans cœur de George (qu’il interprète lui-même) lui fait merveilleusement écho. Avec Hilary Swank, ils forment un tandem insolite et complémentaire, qui transporte le spectateur dans ce road-trip semi désertique.

Jones se fait ainsi le témoin et le porte-parole des femmes. Et on l’en remercie.

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