Le Festival de Kelemenis, la suite

16/10/16 par  |  publié dans : A la une, Danse, Scènes | Tags : , , , , , ,

Effacée(s)
de Wendy Cornu et Julie Alamelie.

Wendy Cornu

 

Comme jadis la Vénus hottentote à l’Exposition Universelle, dans une sorte de cage au centre du plateau, entourée par le public, une femme est demi nue.
Des flashs qui déchirent le noir l’éclairent sporadiquement. Elle danse une danse répétitive, giratoire, douloureuse. Effacée(s) dénonce l’exposition du corps de la femme dans la société, et questionne l’identité féminine à travers son image. L’être se réduit-il au paraître ?
Le spectateur est-il esthète ou voyeur ? La danseuse artiste ou exhibitionniste ? La chorégraphe de même, ou entremetteuse ? Où se situe la frontière mouvante entre l’art et le cochon ?
La nudité est-elle toujours scandaleuse, ou naturelle ?
A chacun de laisser résonner toutes ces questions en lui pour y trouver sa réponse singulière.

« Louis Pi/XIV »

Simonne Rizzo

 

Simonne Rizzo met en scène trois femmes et deux musiciens sur scène. Monarque absolu, le « Roi Soleil » a inventé la danse de cour et a dansé lui même. Il a organisé, codifié, protégé et professionnalisé les arts, danse musique et peinture. La danse a donc de ce jour procédé du droit divin.
Les danseuses explorent les relations entre musique et danse, les effets de pouvoir de l’une sur l’autre et réciproquement, de leur inter-relation, de leur émancipation possible, ou pas.

Interprétée par Claire Chastaing, Haruka Myamoto et Pauline Brottes, « Louis Pi/XIV » présenté au KLAP est l’extrait d’une pièce qui sera créée le 15 octobre 2016 à la Valette du Var, il donne envie d’en voir l’intégralité.
A suivre donc.

 

Simonne Rizzo

 

« Scarlet » de Arthur Perole

Arthur Perolle

 

Arthur Perole est un nouveau venu dans la danse contemporaine, danseur au CCN de Belfort depuis 2013. Il fonde sa compagnie « CieF » en 2010 à Mouans-Sartoux bien connue des cartographes, là où les compagnies émergentes ne se marchent pas sur les pieds, ce qui est handicapant pour danser.
Il s’est fait remarquer en deux œuvres, soutenu par KLAP Maison de la Danse de Michel Kelemenis où il a pu rencontrer les programmateurs européens pendant le Festival « Question de Danse ». Il est en création jeune public pour « Rock’n Chair », que nous pourrons découvrir les 21 et 22 mars au Théâtre du Merlan Scène Nationale, à Marseille.

 

Arthur Perolle

 

Avec une guitare électrique et un ordinateur, au bord de scène en son centre, un musicien dos au public crée en temps réel un univers sonore contemporain.
Face à un mur de miroirs, également dos au public, un quatuor de danseurs -dont trois danseuses mais le masculin l’emporte, du moins grammaticalement- sinuent lentement dans une épaisse pénombre. Le son devient envahissant, peu à peu la lumière croît, les danseuses jettent des regards fugitifs vers le public, et lentement s’en approchent.
Quand le son devient assourdissant et la lumière crue, tous genres confondus les danseurs regardent le public intensément, avec intérêt et gourmandise, on s’attend presque à quelques rapprochements mais la séduction reste du domaine de la représentation et de l’image. Pour autant, elle n’en est que plus archétypale, déployant tous les registres de la séduction, depuis l’expression de la plus intense souffrance qui appelle consolation, jusqu’aux regards langoureux mais en dessous et légèrement cachés, en passant par les multiples danses de séduction, pour trouver l’accroche adaptée à son public cible. Le jeune public semble reconnaître ses propres procédés à peine exagérés, sans retenue les filles rient aux éclats. Les adultes adorent, mais on ne s’avancera à analyser ni quoi ni pourquoi.

 

Arthur Perolle

La muse s’amuse

Le danseur de la troupe représente l’auteur, peintre ou sculpteur,  Pygmalion, il suggère les poses et elles lui répondent avec zèle, les modèles vivants font assaut de séduction. Il dirige et propose mais elles suivent et disposent, qui est le maître et qui est la créature, la question se pose depuis l’origine de l’art, depuis la première Vénus callipyge. La réponse pourrait être dialectique, au siècle dernier un psychanalyste qui fut l’objet d’un culte quasi mystique assurait : « L’hystérique cherche un maître sur qui régner ». C’est peut-être le gibier qui chasse le chasseur, le plus attrapé n’est pas celle qu’on croit.
Ou peut être plus simplement chacune cherche son ou ses chacun, et réciproquement, ça demande quelques efforts et quelques stratégies, tout l’art consiste à faire croire à l’élu que c’est lui qui choisit. Ainsi, en miroir, l’élue est la plus belle et la plus séduisante entre toutes. Il n’y a que la foi qui sauve.
Chacun trouvera peut-être là matière à se reconnaître.

Jean Barak

 

Arthur Perolle

Avec Steven Hervouet, Pauline Bigot, Marie Barthelemy et Cindy Emelie, son en direct de Gianni Caserotto.

 

 

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