Marseille, le dernier Festival

08/07/15 par  |  publié dans : Arts, Danse, Scènes | Tags : , , , , , , ,

Marseille 2015, le dernier Festival

 

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Canebière

Probablement pas le der des der, mais le dernier pour Apolline Quintrand qui tire sa révérence sereinement, après les affres de 2014 et la lutte des intermittents.
Vous savez, ces petites mains de la culture, soutiers ou sans grades qui ne veulent pas mourir en silence et font scandale, tutoient les ministres, les empêchant de péter plus haut que leur culture, sous prétexte que c’est l’air qu’on respire, que c’est vital. Oser nous priver de divertissement sous prétexte qu’on les prive de leur gagne pain, c’est indécent.
Aujourd’hui, c’est la pause avant de nouvelles tempêtes. Alors, pour cette vingtième, le festival va son train paisible, avec des artistes prestigieux.

Parade

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Canebière

Pour la circonstance un défilé des réformés jusqu’au Mucem s’imposait, certes décevant avec sa chorégraphie indigente. Ce n’était pas l’ouverture des Jeux Olympiques, ni même le Carnaval des écoles, mais sommes toutes sympathique avec ses pompiers, ses grimpeurs fous et ses simples personnes, actrices du quotidien.

 

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Mairie de Marseille

Demandez le Programme

On a pu revoir la pièce aérienne de Michèle Kéléménis souffler son zéphyr en plein jour.
On y aura vu les ballets de l’Opéra de Lyon dans un répertoire néoclassique mille fois vu par ailleurs, avec Benjamin Millepied à qui il ne manquait pas un improbable bûcheron bondissant, et l’indépassable William Forsythe, définitivement et pour toujours précurseur. Mais pour le public qui découvre la danse, ce qu’on a vu cent fois est toujours nouveau. Et si on remonte les pièces du répertoire c’est tant mieux, même pour les vétérans et les grognards.

 

Millepied Benjamin

Benjamin Millepied

On y aura vu Anne Térésa de Keersmaeker, l’incontournable prêtresse de la danse contemporaine Belge, avec l’aridité obsessionnelle de l’abstraction, « Rosas Danst Rosas », Wim Wandekeibus le barbare qui recrée l’une de ses pièces cultes: « What the Body Does Not Remenber ».

Olé!

Rocio Molina

Rocio Molina

Il y a eu deux fois la pétulante étoile du flamenco contemporain, l’incandescente Rocio Molina, à l’aube au Cercle des Nageurs et au couchant sous l’Abbaye Saint Victor. Elle ne se contente plus de déconstruire le « vocabulaire » du flamenco pour le remonter cul par dessus tête, elle le réinvente et se l’approprie, comme elle recrée l’espace à sa démesure.

 

Rocio Molina

 

Enfin il y a eu et il y aura la Compagnie et le Groupe Grenade de Josette Baïz, qu’on appellerait les régionaux de l’étape s’ils ne tournaient dans le monde entier, avec un succès populaire qui rend jaloux les élites incrédules de la haute culture dansistique. Avec des extraits de Dominique Bagouet, Alban Richard, Wayne McGrégor, Lucinda Chils, Emmanuel Gat, Ruy Horta, Hofesh Shechter, « Guests » invite des enfants à interpréter les plus grands, impressionnants de professionnalisme.

 

Josette Baïz

“Spectres” Josette Baïz Compagnie Grenade
Avec « Spectres », Josette Baïz continue sa politique de rupture, depuis la bride sur le cou de ses chorégraphes en herbe jusqu’à cette pièce exigeante, parfois aride, qui fait toute sa place au Quatuor Bella, au risque de décontenancer les adeptes de la danse pure.

 

Josette Baïz

 

C’est loin d’être fini, le Festival file son train jusqu’au 17 juillet, il mérite qu’on affronte pour lui la canicule.

Jean Barak

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