Roland Petit 1924-2011

21/07/11 par  |  publié dans : Artistes, Arts, Danse, Scènes | Tags : ,

Roland Petit, danseur et chorégraphe de génie a tiré sa révérence… Envrak n’a pas résisté à vous faire découvrir ou redécouvrir quelques-uns de ses chefs d’œuvres sans lesquels la danse actuelle (classique et moderne) ne serait très certainement pas ce qu’elle est: plus libre que jamais. Retour en quelques dates sur la vie du grand monsieur et mise en image d’une sélection de ses ballets.

1924 : La naissance du génie

Le futur petit Roland fait un pas de deux en frétillant vaillamment avec un œuf. Il en sortira victorieux 9 mois plus tard.

1933: “Tu seras danseur mon fils”
Âgé alors de 9 ans, et émerveillé par Fred Astaire (dont il a regardé tous les films), il tanne son père pour l’inscrire à l’examen d’entrée de l’Ecole de danse de l’Opéra de Paris. “Tu seras danseur mon fils, mais seulement si tu arrives dans les trois premiers!”. Il arrivera second… Le spectacle pouvait commencer.

1940: Roland danseur et… chorégraphe prodige
A 16 ans il signe sa première chorégraphie pour une de ses amies danseuse, dès lors il ne cessera d’être inspiré par ses muses.

1944 : Dehors c’est la guerre
Sur la scène, il dansera encore et encore. Comme une envie de liberté, il démissionne de l’Opéra de Paris, s’opère alors un réel tournant dans sa vie.

1945: le danseur rebondit avec l’aide d’un mécène
Le mécène en question n’est autre que son père. Sa mère, largement inspirée par son fils, se plonge également dans le monde de la danse et crée la marque de chaussons Repetto. Il monte alors les “Ballets des Champs-Élysées”, une troupe de danseurs non issus des formations de l’opéra… Nouvelle rupture des conventions. Roland Petit a le don de dénicher des danseurs “secondaires” pour les propulser au devant de la scène et les faire se surpasser.
Dès lors il saura s’entourer des plus grands pour la création de ses décors , costumes, et musiques et histoires: Cocteau, Prévert, Picasso, Yves St Laurent, Maurice Jarre, Kosma, et tant d’autres qu’il séduira par son génie et son goût pour la théâtralisation de ses ballets.

1946 : Le jeune homme et la mort

Sur une musique de Bach, et vingt après sa création, Zizi Jeanmaire (femme et muse de Roland Petit) et Nureev nous dévoilent l’histoire tragique d’une femme poussant l’homme qu’elle aime au suicide… Plus qu’une chorégraphie, Roland Petit fait jouer ses danseurs.

On aime:
La dimension dramatique de ce spectacle en a fait son succès et a inspiré bon nombre de réalisateurs au cinéma. Son côté théâtrale fait resurgir toutes les émotions des danseurs avec force et énergie. Les mouvements n’en sont alors que plus justes et expressifs.

1949: Vive l’international
Fort des succès de ses derniers ballets, et de l’énergie dégagée par les applaudissements qui s’en suivent, il se voit proposer de travailler à Londres (où il créera d’ailleurs le ballet [i]Carmen[/i]), à travers l’Europe, puis la consécration: les États-Unis dans les années 50.

1950 à 1955: l’appel d’Hollywood et de Broadway
Parti avec sa muse Zizi Jeanmaire (qui deviendra sa femme en 1954), il va connaître le succès et travailler des ballets et… des films, dont un avec son idole de toujours: Fred Astair dans Daddy Longs Legs.
Il s’amusera sur la terre des cowboys et des indiens jusqu’en 1955 ayant contenté tous ses rêves d’enfant.

1956: c’est le temps du… Music-hall !
Il crée la Revue des Ballets de Paris. Particulièrement inspiré par sa Zizi qui après son enrichissant séjour aux USA, danse, joue et chante, Roland Petit surprend à nouveau les spectateurs en se lançant dans l’univers des boas à plumes et des paillettes.

1961: Mon truc en plumes

Zizi cartonne à l’Alambra. S’en suivront durant une dizaine d’années plusieurs autres revues à succès à travers le monde.


On aime :
Le côté bon enfant et populaire propre au music-hall, sans oublier les plumes et les jambes de Zizi. Humour et sensualité… La recette du succès. Roland Petit démocratise ainsi l’approche de la danse et rend au music-hall toutes ses lettres de noblesse le rayant définitivement de la carte des arts dits “mineurs” et le plaçant sous les feux des projecteurs.

1972 à 1998 : Le Ballet National de Marseille
Il crée le Ballet National de Marseille qu’il dirigera pendant près de 26 ans. Très inspiré par ses années “US”, et strass et paillettes du music-hall, il va alors littéralement exploser et chorégraphier de vrais chefs d’œuvres : L’Arlésienne, Casse noisette, la Dame de Pique, Chauve-souris, La belle au bois dormant, jusqu’en 1998, avec le Lac des cygnes et ses maléfices.
Le Ballet National de Marseille sera grâce à lui connu sur tous les continents jusqu’en Asie.

1972 : Pink Floyd Ballet

Lorsqu’il crée ce ballet, Roland Petit a alors plus de trente ans de carrière à son actif. Heureux de la grande liberté que la ville de Marseille lui offre dans ses créations et aidé par quelques subventions, il va laisser libre court à sa créativité.
Il touche alors les étoiles et peut se permettre de faire appel aux plus grands danseurs du monde: Barychnikov, Loipa Arauzo, Patrick Dupond, Alessandra Ferri…

On aime :
Sans aucune limite, il alliera dans ce ballet l’univers rock des Pink Floyd, la rigueur technique de la danse classique mêlée au rythme et à la gestuelle de la danse contemporaine. Le tout servi dans des costumes épurés au blanc immaculé ultra modernes.

1999 : Clavigo

Cette fois-ci c’est la dimension romantico-érotique de la pièce de Goethe qui inspire le chorégraphe.

On aime :
Les formations de danseurs sont toujours aussi “carrées” et leur ampleur donne tout leur sens aux gestes aériens, aux cascades, jeux de petits pas et autres sauts en perpétuel renouveau. Le ballet est construit en plusieurs actes, telle une fois encore une pièce de théâtre.

2010: le temps des reprises
Plus de 50 ans après leur création, trois œuvres de Roland Petit ont été reprises en 2010 à l’Opéra Garnier de Paris: Le jeune homme et la mort, Le loup et Le rendez-vous. Pour l’occasion, France2 avait interviewé le maître et ses danseurs vedette…

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